Les forces de sécurité ont fait sauter mercredi une partie de la maison du meurtrier présumé d’un officier de police israélien, juste un jour après que la Haute Cour ait approuvé le déménagement.

Ziad Awad, un terroriste du Hamas condamné et libéré dans le cadre de l’accord de Gilad Shalit en 2011, a été arrêté le 7 mai avec son fils Izz Eddin Awad, le 14 avril. Le père est accusé d’avoir tiré sur Baruch Mizrahi, près de Hébron, la veille des fêtes de Pessah.

Après l’arrestation de Ziad Awad, le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait ordonné que la maison de sa famille soit démolie pour dissuader les Palestiniens de se livrer à des activités terroristes. L’Etat a annoncé la semaine dernière que la maison serait rasée.

Toutefois, le Centre pour la défense de l’individu (Hamoked) a fait appel de la décision de l’Etat devant la Haute Cour, en disant que la démolition était illégale en vertu du droit international.

Le tribunal s’est réuni lundi pour discuter de l’appel. L’avocat des appelants a demandé à l’Etat de réprimer un mouvement qui punirait les membres de la famille innocents qui résident actuellement dans la maison.

La veuve de Baruch Mizrahi, Hadas, s’est adressée à la cour, en soulignant l’importance de la dissuasion pour prévenir de futures attaques contre des innocents.

Mardi, le tribunal a soutenu l’Etat – alors que les juges ont rejeté les allégations des requérants, à savoir que la démolition nuirait aux membres de la famille innocents – mettant par écrit que la famille était loin d’être innocente, le fils et la femme de Awad étaient au courant et ont collaboré activement au plan d’Awad.

Les deux sont responsables, « même s’il [le fils] n’était pas celui qui a tiré le pistolet et n’était pas présent lors de l’attaque, » peut-on lire dans la décision. Sa femme, « comme il ressort dans les déclarations du fils, était au courant de l’arme cachée et des menaces d’Awad. »

La famille Awad a été notifiée 12 heures après que la décision d’évacuer leur résidence située dans le village palestinien de Idhna, près de Hébron, soit prise. La partie supérieure de l’appartement où résidait le terroriste, doit être détruite, mais le reste de l’édifice restera intact.

En réponse à la décision de la Cour, Hadas Mizrahi, la veuve de la victime, a déclaré mardi que la démolition était « le minimum » qu’Israël pouvait faire.

« Ils n’ont pas eu pitié de nous, alors pourquoi devrions-nous avoir pitié d’eux ? » a-t-elle confié à la Deuxième chaîne.

Hadas Mizrahi a également réitéré son appel au gouvernement israélien d’empêcher toute libération de prisonniers palestiniens, et a appelé l’Etat à introduire la peine de mort.