Le censeur en chef de Tsahal, la brigadière générale Sima Vaknin-Gil, a demandé au Bureau du procureur général de lancer immédiatement une enquête sur une éventuelle violation grave du protocole militaire par des fonctionnaires sécuritaires de haut rang qui aurait divulgué des informations sensibles concernant des tractations secrètes d’Israël avec le gouvernement iranien au journal Haaretz, a rapporté la Deuxième chaîne dimanche.

Dans une lettre rédigée par Vaknin-Gil qui a été obtenue par la Deuxième chaîne, le censeur militaire en chef a estimé qu’un article de Haaretz, qui a révélé des détails d’un litige entre Jérusalem et Téhéran – au sujet d’un arbitrage impliquant des accords d’approvisionnement en pétrole, datant d’avant La Révolution islamique de 1979 en Iran – avait causé « un préjudice grave » à la sécurité nationale du pays. Les frais contestés en question sont s’élèveraient, d’après l’article de Haaretz, à des milliards de dollars.

Vaknin-Gil a pointé un passage de l’article de Haaretz qui révélait qu’Israël avait mis en place des fonds secret au cas où le gouvernement ou les compagnies pétrolières locales perdaient leurs affaires judiciaires internationales et étaient contraintes à verser une indemnité à l’Iran. Seule une poignée de hauts fonctionnaires avait connaissance de l’existence de ces fonds, ce qui suggère que les fuites proviendraient de fonctionnaires haut placés en possession de beaucoup d’autres secrets d’Etat.

Haaretz
, pour sa part, soutient que son article sur le différend était justifié d’un point de vue journalistique et que sa publication n’avait pas violé les lois de l’Etat, indique la Deuxième chaîne.

En 1968, l’Eilat Ashkelon Pipeline Company, une entreprise israélo-iranienne, a été fondée pour transporter le pétrole asiatique d’Eilat vers l’Europe via un réseau de pipelines qui passe d’Eilat à Ashkelon et qui s’étend le long de la côte d’Israël à Haïfa. Selon le site Internet de l’EAPC, la société exploite actuellement 750 kilomètres de pipelines en Israël.

Alors que les relations entre Israël et l’Iran se sont détériorées à la suite de la Révolution islamique de 1979, l’Iran a abandonné sa part de l’accord et l’entreprise est maintenant gérée uniquement par la partie israélienne. Toutefois, depuis des années, l’Iran continue d’exiger qu’Israël rembourse les dettes contractées lorsque le dispositif était opérant.

Adiv Sterman et Stuart Winer ont contribué à cet article.