Les troupes israéliennes ont démoli tôt mardi matin les maisons de deux terroristes palestiniens accusés d’avoir tué cinq Israéliens dans des attaques simultanées l’année dernière, a annoncé l’armée.

Les ingénieurs de l’armée israélienne accompagnés d’officiers de la police des frontières ont détruit les maisons de Raed Masalmeh, 36 ans, dans le village cisjordanien de Dura, près de Hébron, et de Mohammed Abdel Basset al-Kharoub, 24 ans, dans le village de Dir Smat, là-aussi près de Hébron, a déclaré l’armée dans un communiqué.

En début de mois, la haute cour de justice a délivré des injonctions temporaires contre les ordres de démolition des maisons de Masalmeh et al-Kharoub en réponse à des pétitions de leurs familles.

Les deux attaquants sont détenus par Israël.

Les photos publiées sur les réseaux sociaux et qui affirment représenter les démolitions des maisons montrent des soldats parmi des ruines.

Masalmeh a avoué avoir poignardé à mort le 19 novembre 2015 Reuven Aviram, 51 ans, et Aharon Yesiav, 32 ans, et avoir blessé une troisième personne dans une attaque contre des fidèles juifs devant l’immeuble de bureaux Panorama, dans le sud de Tel Aviv. Il a été inculpé pour meurtre devant la cour du district de Tel Aviv.

Quelques heures seulement après l’attaque de Tel Aviv, Mohammed Abdel Basset al-Kharoub, 24 ans, originaire du village de Dir Smat près de Hébron, a abattu trois personnes et en a blessé quatre autres près de l’implantation d’Alon Shvut, en Cisjordanie. Parmi ses victimes se trouvaient une jeune juif américain de 18 ans, Ezra Schwartz, un Israélien de 51 ans, Yaakov Don, et un Palestinien de 24 ans, Shadi Arafa.

Raed Masalmeh, 36 ans, devant la cour de Tel Aviv le 2 décembre 2015 (Crédit : Flash90)

Raed Masalmeh, 36 ans, devant la cour de Tel Aviv le 2 décembre 2015 (Crédit : Flash90)

L’attaquant de Tel Aviv, Masalmeh, a exprimé des regrets pour ses actions et a versé une larme pendant la reconstitution du crime, a déclaré la police. Il a déclaré que la douleur qu’il ressentait pour la situation des Palestiniens l’avait poussé à mener une attaque.

Quatre jours avant son attaque, Masalmeh avait reçu un permis de travail en Israël. Le permis avait été délivré avec des vérifications par les services de sécurité, qui n’avaient trouvé aucune trace d’activité précédente pouvant constituer une crainte sécuritaire.

Photos de la scène d'une fusillade au Gush Etzion en Cisjordanie le 19 novembre 2015 (Crédit : Magen David Adom)

Photos de la scène d’une fusillade au Gush Etzion en Cisjordanie le 19 novembre 2015 (Crédit : Magen David Adom)

Dans l’attaque en Cisjordanie, la police et l’armée ont confirmé qu’al-Kharoub avait ouvert le feu avec une arme semi-automatique Uzi depuis l’intérieur d’un véhicule, touchant plusieurs personnes. Quand il était arrivé à bout de munitions, l’attaquant avait conduit vers le carrefour du Gush Etzion voisin avant de délibérément percuter un groupe de piétons avec sa voiture.

Le 19 novembre avait été une des journées les plus meurtrières pour les Israéliens depuis le début de la vague de violences en cours depuis près de cinq mois.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a décidé d’accélérer les démolitions des maisons d’auteurs d’attentat.

La pratique de démolition des maisons familiales des terroristes a été critiquée par des organisations non gouvernementales, mais le gouvernement a défendu son utilisation comme pratique dissuasive. Les critiques affirment qu’en plus d’être une forme de punition collective, les démolitions de maison pourraient motiver des membres de la famille de terroristes à mener eux-mêmes des attaques.

L’AFP a contribué à cet article.