L’armée a diffusé un ordre d’évacuation concernant un village bédouin non-autorisé qui se situe aux abords de Maale Adumim, ont fait savoir vendredi les résidents locaux.

Les habitants de Jabel al-Baba ont trouvé la note, signée par le chef du Commandement central de l’armée israélienne Roni Numa le 1er novembre, sur le sol, à proximité du village.

Cette ordonnance, qui a été vue par le Times of Israël, donne pour instruction aux 300 habitants d’évacuer le lieu dans les huit jours, l’armée se préparant à démolir des douzaines de structures du village qui ont été illégalement construites. Aucune date de démolition n’a été fixée mais, du point de vue de l’armée, la présence continue des locaux est illégale.

L’ordre interdit également toute nouvelle construction dans le village, ainsi que l’entrée d’individus ou d’équipements qui permettraient d’éventuelles constructions.

Les Bédouins, issus de la tribu Jabalin, indiquent pour leur part s’être installés dans le secteur après avoir été expulsés du Negev en 1948. Le village se situe dorénavant sur une parcelle de terrain située entre Israël et Maale Adumim et connue sous le nom de E1.

Cela fait longtemps qu’Israël a décidé de s’établir dans la zone E1, en faisant se rejoindre Jérusalem et Maale Adumim mais l’Etat juif a rencontré une importante opposition de la communauté internationale et des Palestiniens qui redoutent que cette initiative vienne, de fait, couper en deux la Cisjordanie.

Au mois d’août, les autorités israéliennes ont démantelé une structure dans le village qui devait servir de jardin d’enfants pour 25 enfants en bas âge et qui avait été construite sans autorisation.

Un certain nombre de communautés traditionnellement nomades se basent sur les collines de l’est de Jérusalem. Cela fait longtemps que les militants critiquent Israël, coupable, selon eux, d’avoir négligé leurs besoins de développement et d’avoir cherché à les transférer de leurs campements étendus à des zones urbaines résidentielles. Les Palestiniens craignent que ce type d’expulsion permette l’expansion des implantations dans la zone, ce qui pourrait isoler davantage les quartiers arabes de Jérusalem des autres centres de population palestinienne.

Des ordres d’évacuation similaires ont été trouvés au début de la semaine à proximité de deux villages bédouins non-reconnus du nord de la vallée du Jourdain, Ein al-Hilweh et Umm al-Jamal. Ces notes avaient également été signées le 1er novembre.

Hagai El-Ad, directeur général du groupe de défense des droits BTselem, a estimé que « l’expulsion forcée des résidents bédouins constitue un crime de guerre ». Il a ajouté que ces évictions entrent dans le cadre d’une politique plus large qui vise à faire partir tous les Palestiniens de la zone C de Cisjordanie contrôlée par Israël.