L’unité de communication de l’armée israélienne a publié pour la première fois une série de vidéos YouTube pour aider les lycéens à mieux se préparer à leurs entretiens et les tests pré-armée lorsqu’ils demandent un placement dans ses unités technologiques.

Cette décision fait partie de la quête de l’armée pour trouver de nouvelles recrues talentueuses pour ses unités technologiques et ses cyber-unités qui augmentent et qui met en lumière le besoin accru de personnes compétentes.

Dans les vidéos, mises en ligne en novembre par le ministère de l’Éducation, un jeune soldat enseigne à ceux qui visionnent les vidéos les bases de la programmation informatique – qui passe d’une description du langage C ++, de la rédaction, des tests, du code de débugage et de la logique.

« Au cours des cinq dernières années, nous avons travaillé en étroite collaboration avec le ministère de l’Éducation et la communauté de la haute technologie pour donner à Israël une nouvelle poussée technologique », a déclaré un officier de l’unité C4I de l’armée de terre, qui a accepté de témoigner sous couvert d’anonymat pour des raisons de sécurité.

« Ces cours, que nous avons publiés il y a quelques semaines, augmentent la capacité des élèves à être mieux préparés et à passer les tests pour être acceptés dans les unités. Et ils nous aident à tirer parti des étudiants mieux préparés et nous permettent de gagner du temps de formation ».

Environ 3 000 étudiants, chaque année, se portent candidats aux examens pour les sciences informatiques ou les unités de cyber-défense, a déclaré l’officier. Sur ces derniers, 15 % sont sélectionnés chaque année pour participer à l’un des cours d’élite sur la technologie, et ce nombre commence à augmenter.

Tandis que l’armée israélienne s’efforce de créer une « armée à réseau unique » avec plus de collaboration entre ses différentes armes militaires, l’armée israélienne met l’accent sur la technologie et cherche à recruter les meilleurs talents des lycées du pays pour ses unités technologiques.

Parmi ceux-ci, la cyber-guerre gagne en importance, car le renforcement des réseaux rend également l’armée plus vulnérable aux attaques des pirates informatiques. Depuis 2010, le cyber département de l’armée est passé d’une unité à une division et devrait devenir un cyber-commandement en 2017, avec plus de personnel et un budget plus important, a déclaré l’officier.

Illustration d'une salle de classe de la nouvelle école de cyberdéfense de l'armée israélienne qui devrait ouvrir ses portes en janvier 2017 (Crédit : Autorisation de l'unité des Porte-paroles de l'armée israélienne)

Illustration d’une salle de classe de la nouvelle école de cyberdéfense de l’armée israélienne qui devrait ouvrir ses portes en janvier 2017 (Crédit : Autorisation de l’unité des Porte-paroles de l’armée israélienne)

« Nous voyons une augmentation spectaculaire de la cyber main-d’œuvre et des recrues en raison du plus grand nombre de postes qui ont été créés par l’armée », a-t-il expliqué. « Depuis 2010, nous avons ajouté des centaines voire des milliers de postes dans le domaine de la cyber-technologie »

Les détails du budget du nouveau commandement et le nombre de personne qu’il comprendra ne peuvent pas être divulgués.

« Le domaine du cyber devient de plus en plus important dans la vie moderne et aussi dans l’armée », a déclaré l’officier. « Et alors que dans la plupart des domaines vous savez comment protéger vos frontières avec différents niveaux de défense, dans la cyber-guerre vous êtes dans l’inconnu. Vous ne savez pas à quoi ressemblera la prochaine menace ».

Réfléchir sans barrière

Alors même que la demande de l’armée pour engager des étudiants talentueux avec les plus hauts niveaux de diplôme d’études secondaires en mathématiques, en informatique et en anglais augmente, le nombre d’étudiants qualifiés qui sortent des écoles est en déclin.

Le scientifique en chef israélien du ministère de l’Économie et de l’Industrie a averti qu’Israël pourrait faire face à un déficit de plus de 10 000 ingénieurs et de programmeurs dans la décennie à venir car les étudiants hésitent à étudier les sciences à l’école et à l’université.

Le nombre de diplômés en sciences est passé de 13 % en 2004 à 8,7 % en 2014. Dans les domaines de l’informatique, des mathématiques et des statistiques, le nombre de diplômés est passé de 3 000 en 2004 à 2 250 en 2014, selon un rapport publié le mois de juin.

De ce fait, l’armée augmente ses efforts pour faire sa part sur la question, aidant le système à pousser les élèves du secondaire dans la bonne direction, c’est-à-dire vers des plus hauts niveaux des mathématiques, de l’anglais et de l’informatique.

« Sans les compétences appropriées, les étudiants ne seront pas en mesure de passer nos examens et de rejoindre nos unités technologiques », a déclaré l’officier. « Nous devons travailler avec les écoles, principalement en périphérie. Si Israël veut maintenir son statut de ‘nation start-up’, le pays doit fournir une éducation appropriée pour les compétences techniques ».

Le major Dana Shachar de l'armée israélienne, responsable de la mise en place de la nouvelle académie de la cyberdéfense de l'armée, qui devrait ouvrir ses portes en janvier 2017 (Crédit : Autorisation du porte-parole de l'armée israélienne)

Le major Dana Shachar de l’armée israélienne, responsable de la mise en place de la nouvelle académie de la cyberdéfense de l’armée, qui devrait ouvrir ses portes en janvier 2017 (Crédit : Autorisation du porte-parole de l’armée israélienne)

Un cyber-candidat typique, a-t-il précisé, est quelqu’un qui est passé par les plus hauts niveaux de mathématiques, l’anglais et peut-être l’informatique à l’école, et a 18-19 ans. Un tiers des recrues proviennent de la région de Tel-Aviv et un tiers d’entre eux sont des femmes – « nous faisons un énorme effort pour faire entrer les femmes », a-t-il assuré.

Les compétences naturelles nécessaires sont « la capacité de penser non seulement en dehors des sentiers battus, mais de vivre dans un monde où il n’existe pas de sentier », a déclaré le major Dana Shachar, chargé de la mise en place de l’académie de cyber-défense de l’armée qui ouvrira ses portes en janvier 2017 dans la région centrale d’Israël.

« Ils ont besoin d’avoir un esprit ouvert, d’être créatif, de travailler sous pression et d’aborder des problèmes sur la façon dont d’autres n’auraient pas pensé ».

L’académie accueillera toute la cyber-recherche de l’armée et son activité sous un même toit, a ajouté Shachar.