Les habitants de l’avant-poste d’Amona en Cisjordanie ont 48 heures pour quitter la colline où est situé leur village avant qu’il ne soit démoli, selon un ordre d’expulsion militaire publié sur place mardi.

L’armée israélienne a déclaré mardi qu’elle était prête à évacuer Amona « en accord avec les instructions du gouvernement. » Elle a également précisé que les 48 heures commençaient mardi.

L’ordre d’expulsion, placardé dans tout l’avant-poste, indique que la zone sera totalement bouclée deux jours après. L’ordre a été signé lundi et publié un jour après, quand l’échéance de 48 heures a commencé.

Cette annonce a été faite avant la date limite finale fixée au 8 février pour le démantèlement de l’avant-poste, où vivent une quarantaine de familles. La Haute cour de justice a jugé en 2014 qu’Amona avait été construit illégalement sur des terrains palestiniens privés en 1996.

Le rabbin d’Amona a écrit mardi une lettre au Premier ministre Benjamin Netanyahu pour lui demander de ne pas démolir la synagogue et le bain rituel (mikvé) de la communauté. Dans la lettre, publiée par le site d’information Walla, le rabbin Yair Frank déclare avoir reçu une garantie orale du directeur de cabinet de Netanyahu, Yoav Horovitz, que la synagogue ne serait pas détruite, conformément à la loi juive. Il appelle également le Premier ministre et le procureur général à ne pas toucher au bâtiment.

Jeunes hommes dansant et chantant dans la synagogue d'Amona, le 13 décembre 2016. (Crédit : Andrew Tobin/JTA)

Jeunes hommes dansant et chantant dans la synagogue d’Amona, le 13 décembre 2016. (Crédit : Andrew Tobin/JTA)

En ce qui concerne le mikvé, Frank implore le gouvernement de le laisser en place le temps qu’un autre soit construit. Il a écrit que si la communauté était déplacée vers une colline voisine, comme indiqué dans un accord de compromis qui ne sera probablement pas respecté, les femmes auront besoin d’un accès à un bain rituel tant qu’un autre ne sera pas construit.

Dans un accord conclu le mois dernier avec le gouvernement, les habitants de l’avant-poste ont accepté d’évacuer pacifiquement vers un terrain adjacent. Cet accord a cependant été remis en cause quand un Palestinien a revendiqué la propriété de la colline voisine, poussant la Haute cour à interrompre tous les travaux sur le site.

L’absence de solution évidente a à nouveau soulevé la possibilité d’une évacuation par la force des habitants d’Amona, et la crainte des violences pouvant en découler.

L’ordre d’expulsion a été publié un jour après la réponse de l’Etat à une pétition de la Haute cour de justice contestant l’utilisation d’un terrain adjacent pour les habitants d’Amona.

Des juifs priant tôt le matin sur la colline surplombant Ofra, dans l'avant-poste d'Amona en Cisjordanie, le 18 décembre 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Des juifs priant tôt le matin sur la colline surplombant Ofra, dans l’avant-poste d’Amona en Cisjordanie, le 18 décembre 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Dans sa réponse de lundi soir, l’Etat a appelé la cour à évacuer le site pour les habitants, citant des considérations de sécurité.

L’Etat a affirmé que l’évacuation imminente était considérée comme un « incident explosif avec des implications sécuritaires », ajoutant qu’il y avait un « intérêt de sécurité important » à rendre le terrain disponible et éviter ce qui pourrait être un violent affrontement entre les habitants et les forces de sécurité.

La cour devrait se prononcer mardi sur cette demande de l’Etat.

Le ministre de l’Agriculture Uri Ariel, du parti HaBayit HaYehudi, a déclaré que l’ordre d’expulsion était « simplement scandaleux ».

« Les juges de la Haute cour discutent d’Amona dans moins d’une heure et la publication préventive [des ordres] n’aident pas, pour le moins, au calme », a-t-il écrit sur Twitter.