L’armée israélienne a affirmé mercredi avoir blessé deux membres du Hezbollah alors qu’ils plaçaient un engin explosif près de la ligne de cessez-le-feu sur le Golan, attisant la tension avec le parti chiite libanais après le raid attribué à Israël la semaine dernière contre une de ses positions.

« Deux terroristes affiliés au Hezbollah ont été identifiés alors qu’ils tentaient de placer un engin explosif près de la frontière israélo-syrienne, dans le nord du plateau du Golan », a annoncé l’armée israélienne, en référence à la ligne de démarcation sur le Golan.

« Les forces israéliennes ont répondu immédiatement et tiré vers les suspects (…) qu’elles ont touchés », a précisé l’armée dans un communiqué.

Des sources militaires israéliennes ont indiqué que les deux membres présumés du Hezbollah, qui faisaient partie d’une « cellule de deux ou trois hommes », avaient été blessés, sans être en mesure d’indiquer la gravité de leurs blessures.

Aucun commentaire n’a pu être obtenu dans l’immédiat auprès du Hezbollah.

« Cet incident n’est pas une surprise et nous pensons que les heurts avec le Hezbollah pourraient se poursuivre dans les jours qui viennent », a affirmé à l’AFP une source militaire israélienne sous le couvert de l’anonymat.

A la suite des menaces de représailles du Hezbollah la semaine dernière, « les meilleures unités de l’armée israélienne, notamment des forces spéciales, ont été stationnées à la frontière avec la Syrie », a-t-on ajouté de même source.

Un raid attribué à Israël, qui cherche à empêcher tout renforcement militaire du Hezbollah, allié du président syrien Bachar al-Assad, à la faveur de la crise en Syrie, a frappé la semaine dernière le puissant mouvement chiite libanais à la frontière libano-syrienne.

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), l’objectif était une « base de missiles » du Hezbollah.

Ce dernier, qui avait dans un premier temps démenti le raid, a ensuite dénoncé « une agression flagrante contre le Liban, sa souveraineté et son territoire ».

Elle « ne restera pas sans riposte de la Résistance (le Hezbollah, NDLR), qui choisira le moment opportun, l’endroit approprié et la manière adéquate pour répondre », avait assuré le parti chiite.

Israël n’avait pas confirmé le raid, se conformant au silence qui avait prévalu lors de frappes en 2013 contre des convois présumés d’armes destinés au Hezbollah transitant via la Syrie.

Interrogé la semaine dernière sur le raid, le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait cependant indiqué qu’Israël faisait « tout ce qui est nécessaire pour se défendre », ajoutant: « Mais nous ne disons pas ce que nous faisons ou ce que nous ne faisons pas ».

En mai 2013, Israël avait visé à deux reprises des armes destinées selon lui, au Hezbollah près de Damas. Et le 1er novembre, des médias avaient rapporté des frappes israéliennes contre une base aérienne près de Damas, où se trouvaient des missiles destinés au Hezbollah.

La situation sur le plateau du Golan est tendue depuis le début du conflit en Syrie en 2011, mais les incidents sont restés mineurs, avec quelques tirs à l’arme légère ou au mortier auxquels l’armée israélienne a souvent répliqué.

Le 18 février, deux roquettes tirées de Syrie s’étaient néanmoins abattues sur la partie du plateau du Golan occupée par Israël, peu après une visite de M. Netanyahu dans cette région.

Israël est officiellement en état de guerre avec la Syrie. Il occupe depuis 1967 quelque 1200 km2 du plateau du Golan qu’il a annexés, une décision que n’a jamais reconnue la communauté internationale, environ 510 km2 restant sous contrôle syrien.

Malgré le calme relatif entre Israël et le Hezbollah depuis la guerre meurtrière et dévastatrice de l’été 2006, la tension récemment est montée à la frontière israélo-libanaise après la mort le 16 décembre d’un soldat israélien tué par un militaire libanais.

Fin décembre, M. Netanyahu a mis en cause le Hezbollah, après des tirs de roquettes, auxquels l’artillerie israélienne avait répondu par des salves d’obus.