L’armée israélienne ne tolérera rien d’autre que le calme à Gaza
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L’armée israélienne ne tolérera rien d’autre que le calme à Gaza

Un porte-parole de l'armée envoie un sévère avertissement aux groupes terroristes palestiniens suite à une hausse significative des attaques à la roquette contre Israël

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Un véhicule de patrouille le long de la frontière avec Gaza en 2011. (Crédit : Gili Yaari/Flash 90)
Un véhicule de patrouille le long de la frontière avec Gaza en 2011. (Crédit : Gili Yaari/Flash 90)

Le porte-parole de l’armée israélienne a averti jeudi des groupes terroristes dans la bande de Gaza que l’armée « ferait tout » pour faire revenir le calme dans la région, après une semaine de tirs de roquettes quasi-nocturnes depuis l’enclave côtière.

Dans une série de tweets du Brigadier Général Rone « Nous faisons tout ce que nous pouvons pour que le calme revienne [dans la région de Gaza] », a écrit le porte-parole de l’armée.

« Rien de moins qu’un calme total est tout simplement inacceptable », a-t-il ajouté.

Manelis semblait aussi répondre aux récents appels à des représailles israéliennes plus agressives aux attaques, disant que la dissuasion que l’armée a créée dans les trois ans et demi depuis la guerre de Gaza 2014 « n’a pas été construite en un jour et ne s’écoulera pas en une semaine – nous ne permettrons pas la poursuite de ces tirs de roquettes.

Son avertissement est intervenu le matin après que quatre roquettes ont été tirées sur Israël depuis la bande de Gaza. Deux ont été interceptées par la système du Dôme de Fer, un a heurté un champ ouvert dans la région d’Eshkol, et le quatrième est tombé au-delà de la frontière et a heurté une école dirigée par les Nations unies, selon des responsables israéliens.

Porte-parole de l’armée israélienne, le brigadier général Ronen Manelis. (Crédit : armée israélienne)

Deux Israéliens ont été soignés pour des crises d’angoisse et un homme d’une trentaine d’années a été légèrement blessé à la jambe alors qu’il courait vers un abri anti-bombe, a indiqué le service de secours Magen David Adom.

En réponse aux attaques à la roquette, des avions israéliens ont bombardé trois installations militaires du Hamas qui, selon l’armée, ont été « utilisées comme centre d’entraînement et de stockage d’armes ».

Une source sécuritaire palestinienne a indiqué qu’il y avait plus de dix frappes sur les cibles, qui comprenaient un site naval du Hamas et une base militaire près du camp de réfugiés de Shati, dans le nord de Gaza.

En outre, l’armée israélienne a annoncé qu’elle fermait les points de passage à Gaza pour les marchandises et les personnes entrant et sortant de la bande, à l’exception de certains « cas humanitaires » approuvés.

Gadi Eisenkot, chef d’état-major de l’armée israélienne, à gauche, et chef du Commandement sud, le général Eyal Zamir, inspectent un « tunnel terroriste » récemment découvert, qui aurait été creusé par des terroristes du Hamas depuis la bande de Gaza. Israël du sud, le 18 avril 2016. (Crédit : armée israélienne)

Plus tôt cette semaine, le chef du Commandement sud d’Israël, le général Eyal Zamir, a également lancé un avertissement aux habitants de la bande de Gaza leur disant de ne pas permettre aux groupes terroristes d’attaquer Israël car cela entraînerait un conflit dans lequel les civils palestiniens seraient finalement les perdants.

« Le calme est dans l’intérêt des civils des deux côtés de la frontière. Ne laissez pas les organisations terroristes vous entraîner dans une situation qui vous blessera d’abord et avant tout », a déclaré Zamir dans un discours partagé par le porte-parole de l’armée en langue arabe sur les médias sociaux.

Depuis mercredi dernier, plus d’une dizaine de roquettes ont été lancées depuis Gaza. Selon des responsables israéliens, cinq de ces roquettes ont atterri sur le territoire israélien, six ont été interceptées par le Dôme de Fer et plusieurs n’ont pas réussi à franchir la barrière de sécurité et ont atterri à l’intérieur de Gaza.

Deux des roquettes qui ont frappé Israël ont frappé la ville de Sderot, qui a été la cible de milliers d’attaques de missiles. Une roquette a heurté la cour d’un jardin d’enfants, brisant une fenêtre et causant de légers dommages au bâtiment. L’école était vide à ce moment-là. La deuxième roquette a heurté une rue, endommageant des voitures et au moins une maison.

Ces tirs de roquettes en l’espace d’une semaine représentent une augmentation significative du nombre d’attaques contre Israël ces dernières années.

Selon les statistiques du service de sécurité du Shin Bet, 26 roquettes ont été tirées de la bande de Gaza en 2015, 20 en 2016 et 9 de janvier à novembre 2017.

Ce soudain pic en décembre a incité les politiciens locaux et nationaux à appeler à des réponses militaires plus sévères et a fait craindre qu’Israël ne se dirige vers un autre conflit avec des groupes terroristes dans la bande de Gaza.

Many kindergartens and other sanctuaries in Gaza were used to hide weapons; many were not (Photo credit: Thair Alhassany/ Flash 90)
La police trouve une roquette tirée depuis Gaza dans un jardin d’enfants dans la ville de Sderot, dans le sud d’Israël, le 9 décembre 2017. (Police d’Israël)

Le maire de Sderot, Alon Davidi, a exhorté le gouvernement et l’armée à prendre des mesures agressives.

« Je m’attends à ce que le Premier ministre, le ministre de la Défense et le commandant de l’armée israélienne frappent les groupes terroristes sans pitié », a déclaré Davidi. « Nous ne tolérerons pas la poursuite du feu dans la ville de Sderot. »

Ces attaques n’ont pas été menées par le Hamas, qui a dirigé l’enclave côtière pendant plus d’une décennie, mais par des groupes plus marginaux.

Néanmoins, Israël maintient qu’il tient le Hamas responsable de toute attaque émanant de Gaza.

« Le Hamas est seul responsable de ce qui se passe dans la bande; par conséquent, nous nous attendons à ce qu’il arrête le feu et s’acquitte de ses responsabilités », a écrit Manelis dans un tweet.

Le porte-parole a également critiqué le groupe palestinien, affirmant qu’il « utilise l’argent iranien pour l’infrastructure terroriste et non pour aider ses citoyens ».

Le chef du Hamas, Ismail Haniyeh, fait un geste en prononçant un discours sur la décision du président américain Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme la capitale d'Israël, dans la ville de Gaza, le 7 décembre 2017. (SAID KHATIB / AFP)
Le chef du Hamas, Ismail Haniyeh, fait un geste en prononçant un discours sur la décision du président américain Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme la capitale d’Israël, dans la ville de Gaza, le 7 décembre 2017. (SAID KHATIB / AFP)

Plus d’une douzaine d’attaques à la roquette ont été déclenchées par le Hamas pour une nouvelle Intifada en réponse à la reconnaissance par le président américain Donald Trump de Jérusalem comme capitale d’Israël la semaine dernière, ainsi qu’aux efforts accrus de l’armée  pour trouver et détruire les tunnels de la bande de Gaza. .

L’un de ces tunnels qu’Israël dit appartenir au Hamas a été détruit par l’armée dimanche. Un autre qui a été construit par le Jihad islamique palestinien a été détruit le 30 octobre.

En réponse à l’explosion, qui a tué 14 terroristes, le Jihad islamique a juré de se venger et a attaqué un mois plus tard un poste militaire israélien au nord-est de la bande de Gaza, blessant les troupes de l’armée israélienne.

Dans sa série de tweets, Manelis a indiqué que plus de démolitions de tunnels devraient être attendues dans un proche avenir.

Les troupes israéliennes se préparent à détruire un tunnel d’attaque du Hamas entré en territoire israélien depuis la bande de Gaza, le 9 décembre 2017. (Crédit : armée israélienne)

« L’objectif de l’armée israélienne est que d’ici la fin de l’année, aucune infrastructure souterraine n’entre en Israël et ne viole la souveraineté d’Israël », écrit-il.

Le Hamas a appelé la semaine dernière à une nouvelle Intifada contre Israël et a exhorté les Palestiniens à affronter les soldats et les habitant des implantations, permettant à des milliers de Gazaouis d’affronter les troupes israéliennes à la barrière frontalière de Gaza. Deux Palestiniens ont été abattus par les troupes israéliennes lors de ces manifestations le long de la barrière de sécurité, après que l’armée israélienne a refusé à plusieurs reprises de tenir compte des appels et des avertissements pour s’éloigner de la barrière.

Dans un discours mercredi dernier depuis la Maison Blanche, Trump a défié les avertissements du monde entier et a insisté sur le fait qu’après des échecs répétés pour parvenir à la paix, une « nouvelle approche » s’imposait depuis longtemps, décrivant sa décision de reconnaître Jérusalem comme le siège du gouvernement israélien.

Le geste a été salué par le Premier ministre Benjamin Netanyahu et par des dirigeants dans une grande partie du spectre politique israélien – sauf les députés arabes. Trump a souligné qu’il ne spécifiait pas les limites de la souveraineté israélienne dans la ville, et a appelé à ne pas changer le statu quo dans les lieux saints de la ville.

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