Un massacre d’une quarantaine de civils juifs dans le nord-est de la Roumanie en 1941 a été perpétré par l’armée roumaine, a indiqué mercredi l’Institut Elie Wiesel pour l’étude de l’Holocauste, citant les conclusions d’une enquête du Parquet militaire.

« C’est la première fois, après les procès des criminels de guerre de la fin des années 1940, que la justice roumaine reconnaît la responsabilité de militaires roumains dans un massacre de civils juifs », a déclaré à l’AFP le directeur de l’Institut, Alexandru Florian.

« Il s’agit d’un message fort à l’adresse de ceux qui nient l’Holocauste sur le territoire roumain », a-t-il ajouté.

Selon M. Florian, le Parquet militaire de Iasi (nord-est) a établi que le massacre de Popricani a été perpétré par le Détachement 6 de chasseurs, dirigé par le général Gheorghe Stavrescu.

Des experts de l’Institut basé à Bucarest et l’historien Adrian Cioflanca avaient découvert en 2010 un charnier dans la forêt de Popricani.

Après des mois d’analyse par l’institut médico-légal, les experts ont établi que cette fosse commune contenait les restes d’une quarantaine de Juifs roumains, dont neuf femmes et 12 enfants, le plus jeune âgé de deux ans.

Les restes ont été inhumés dans le cimetière juif de Iasi en 2011.

Le général Stavrescu avait été reconnu coupable en 1948 de plusieurs massacres de Juifs et condamné à la perpétuité pour crimes de guerre. Il est mort en prison en 1951.

Après avoir longtemps nié sa participation à l’Holocauste, la Roumanie a accepté en 2003 de mettre en place une commission internationale d’historiens dirigée par le Prix Nobel de la Paix Elie Wiesel, chargée de faire la lumière sur cette période.

Selon le rapport publié par cette commission, entre 280 000 et 380 000 Juifs roumains et ukrainiens sont morts sous le régime du maréchal pro-nazi Ion Antonescu dans les territoires contrôlés par la Roumanie.

Environ 25.000 Roms furent également déportés, plus de 11 000 trouvant la mort.