L’armée israélienne a intensifié samedi ses recherches dans le sud de la Cisjordanie après la disparition de trois jeunes israéliens, qui ont été vraisemblablement enlevés par des Palestiniens.

Pour la première fois depuis la disparition jeudi soir des trois adolescents, un responsable militaire a affirmé qu’il s’agissait d’un enlèvement.

« Nous pensons qu’ils ont été kidnappés par des (activistes) présumés palestiniens », a déclaré ce haut gradé à des journalistes.

Ce responsable a par ailleurs indiqué que « de très substantiels renforts », notamment des unités des forces spéciales et une brigade de parachutistes, ont été déployés autour de Hébron, dans le sud de la Cisjordanie, où se concentrent les recherches.

« Plusieurs dizaines » de Palestiniens ont été arrêtés, a-t-il précisé.

Le ministre de la Défense Moshe Yaalon s’est rendu à Hébron pour superviser les recherches. A cette occasion, il a confirmé que l’armée met l’accent sur les recherches dans ce secteur.

« Tant que nous ne disposerons pas d’informations contraires, nous partons de l’hypothèse de travail que les trois adolescents sont en vie », a affirmé Moshe Yaalon lors d’une brève déclaration à la presse.

« Les enlèvements en tant que tels ne sont pas nouveaux. Nous avons réussi l’an dernier à faire échouer une trentaine de tentatives (d’enlèvements) et 14 depuis le début de l’année. Mais pour ce dernier cas, nous ne sommes pas parvenus à y faire échec », a admis le ministre de la Défense.

« Nous ferons tout pour libérer les trois jeunes et mettre la main sur les terroristes responsables de l’opération », a averti Moshe Yaalon.

Le haut gradé militaire a pour sa part assuré que la « coordination » fonctionnait entre les services de sécurité israéliens et ceux de l’Autorité palestinienne.

La radio publique, citant d’autres responsables militaires, a fait état « d’un certain progrès dans l’enquête » mais sans donner d’autres précisions.

Dans un communiqué posté sur internet et dont l’authenticité n’a pu être confirmée, le rapt a été revendiqué au nom d’un groupe se faisant appeler « l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) – branche Palestine-Cisjordanie », qui se manifeste pour la première fois.

L’EIIL est un groupe djihadiste radical très présent en Syrie et qui a lancé cette semaine une offensive fulgurante en Irak, s’emparant de larges territoires du nord du pays face à une armée en déroute et avançant vers Bagdad.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé à plusieurs reprises qu’il tenait le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas comme « responsable » du sort des trois Israéliens.

Mais le porte-parole des services de sécurité de l’Autorité palestinienne, le général Adnane al-Damiri, a qualifié d »insensées » les accusations de M. Netanyahu en soulignant que « l’Autorité ne dispose d’aucun pouvoir » dans la région où ont disparu les trois jeunes, qui est entièrement sous le contrôle civil et militaire d’Israël.

Selon les médias israéliens, les trois adolescents israéliens, qui étudiaient dans une yeshiva [séminaire talmudique), ont disparu jeudi soir alors qu’ils faisaient de l’auto-stop près du Gush Etzion, un bloc de colonisation situé entre les villes palestiniennes de Bethléem et de Hébron (sud de la Cisjordanie), pour se rendre à Jérusalem.

L’un d’eux est aussi de nationalité américaine et l’ambassade des Etats-Unis a été prévenue, a précisé la radio publique.

Israël a fermé les deux principaux points de passage entre Israël et la bande de Gaza — Kerem Shalom pour les marchandises et Erez pour les piétons — pour éviter que les trois disparus puissent éventuellement être transférés dans la bande de Gaza contrôlée sur le plan sécuritaire par les islamistes du Hamas.

Le dernier enlèvement d’un Israélien remonte à 2006 lorsque le soldat Gilad Shalit avait été fait prisonnier et détenu dans la bande de Gaza par le Hamas avant d’être libéré en 2011 en échange de 1 027 prisonniers palestiniens.