Alors que l’armée continue son enquête sur un haut gradé de l’armée pour de possibles décisions criminelles lors de la guerre de l’été dernier à Gaza, des officiels ont annoncé dimanche qu’ils élargiraient l’enquête sur le bombardement d’une clinique civile dans le territoire palestinien, qui aurait pu être effectué pour venger de la mort d’un soldat israélien.

L’armée a déclaré qu’elle mènerait une enquête sur plusieurs soldats impliqués dans l’incident au cours duquel le lieutenant colonel Neria Yeshurun est suspecté d’avoir ordonné par vengeance de bombarder dans le nord de Gaza City le quartier de Chajaya.

Lors du mois dernier, la police militaire a examiné des accusations qu’un jour après que le capitaine Dimitri Levitas ait été tué par un sniper palestinien caché sur le toit d’une clinique, Yeshurun a ordonné la frappe lourde contre le bâtiment.

La Deuxième chaîne a annoncé que plusieurs des soldats de Yeshurun ont affirmé qu’ils croyaient que le complexe médical était libre au moment du bombardement, ce qui signifiait qu’ils ne devaient pas prévenir des civils du bombardement imminent.

Idan Dvir, un avocat représentant un de soldats, a déclaré à la Deuxième Chaîne que si son client n’avait pas été le donneur d’ordre, il avait déclaré aux enquêteurs que la frappe était « militairement nécessaire à la lumière de son emplacement et de l’utilisation par l’ennemi d’installations civiles ».

« Il est clair que l’attaque a été planifiée par des soldats plus expérimentés que mon client », a déclaré Dvir avant d’ajouter qu’à la connaissance de son client, la clinique était vide au moment de la frappe.

Selon les sources palestiniennes, la frappe contre l’installation médicale a tué cinq personnes, dont quatre étaient des civils, et 45 autres personnes ont été blessées.

Dans l’enregistrement d’une communication interne à l’armée obtenue par le site internet israélien NRG à l’époque, on peut entendre Yeshurun donner l’instruction à ses soldats de saluer la mémoire de Levitas au lieu de participer à son enterrement qui avait lieu le même jour. Du fait des opérations en cours, les soldats de l’unité de Levitas ne pouvaient pas être libérés pour se rendre à l’enterrement.

« J’aimerais qu’ici, au milieu de Chajaya à Gaza, nous nous joignions à ceux qui accompagnent Dima pour son dernier voyage, un tir de barrage pour saluer l’honneur de notre officier », peut-on l’entendre dire d’une voix hésitante.

Selon des informations des média, Yeshurun n’a pas contesté sa déclaration, mais a expliqué que la décision de bombarder le bâtiment n’a pas été prise en réalité pour les raisons qu’il a données à ses troupes.

A la suite de l’annonce en juin de nouvelles enquêtes par le Procureur Général militaire, Yeshurun a déclaré à NRG que sa décision de bombarder la clinique faisait partie d’une opération plus large visant à cibler des combattants du Hamas qui se cachaient dans la zone. Il a affirmé que sa référence à Levitas avait seulement pour but d’encourager le moral des troupes qui ne pouvaient pas participer à l’enterrement.

Plusieurs soldats de Yeshurun interrogés par des agences de presse en hébreu au cours des récentes semaines ont défendu leur chef, saluant son comportement lors de la guerre de 50 jours.

Un officier a qualifié l’incident de « la fin d’un cycle » et a déclaré que la frappe n’a pas été ordonnée par vengeance. Un autre a saluté Yeshurun comme le « chef que tous les soldats veulent avoir ».

« Faire du lui un suspect rend tout le bataillon suspect », a déclaré un officier seulement identifié comme « A ».

Puisque les enquêtes se concentrent autour des appels, un débat tendu a éclaté au sein de l’armée entre ceux qui croient que les incidents exigent des enquêtes complètes de la police militaire, qui peut conduire à une poursuite criminelle, et ceux qui veulent que les enquêtes soient limitées à des débriefings opérationnels qui sont généralement traités en interne.

Parmi les autres incidents faisant l’objet d’une enquête, on trouve le bombardement d’un café à Khan Younis qui a entraîné la mort de neufs Palestiniens, le bombardement d’une école des Nations unies qui, selon les Palestiniens, a tué 21 civils et en a blessé des dizaines.

Une autre enquête concerne des accusations de mauvais traitements par l’armée israélienne de prisonniers palestiniens.

Un certain nombre d’autres enquêtes pour mauvaise conduite lors de la guerre de Gaza ordonnées par le Procureur Général Militaire ont déjà été refermées, y compris le bombardement d’une plage de Gaza qui a tué quatre enfants le 16 juillet.

En avril, le Procureur militaire a engagé une procédure devant une cour militaire contre trois soldats suspectés d’avoir pillé les foyers de civils palestiniens lors du combat.

Ce cas a marqué le premier exemple de poursuites contre des soldats de l’armée israélienne qui ont participé au combat dans la bande de Gaza pendant l’Opération Bordure Protectrice.

La guerre de 50 jours a tué plus de 2 100 Palestiniens, dont la plupart des civils, selon les sources palestiniennes dans la bande de Gaza tenue par le Hamas, et 73 Israéliens, dont 66 soldats.

Israël accuse officiellement le Hamas d’être responsable des victimes civiles palestiniennes, notant que le groupe, qui contrôle Gaza, lance souvent des attaques depuis des zones résidentielles.

Avi Lewis a contribué à cet article.