Le commandant des Gardiens de la Révolution iraniens, Mohammad Ali Jafari, a rejeté jeudi la possibilité de désarmer l’organisation terroriste chiite du Hezbollah soutenue par l’Iran et basée au Liban ou d’entamer des négociations sur son programme de missiles balistiques.

« Le Hezbollah doit être armé pour lutter contre l’ennemi de la nation libanaise qu’est Israël. Naturellement, il devrait avoir les meilleures armes pour préserver la sécurité du Liban. Cette question n’est pas négociable », a déclaré Mohammad Ali Jafari aux médias iraniens, cité par Reuters.

Jafari a également rejeté les suggestions selon lesquelles l’Iran réduirait ses essais balistiques, se référant aux récentes remarques des autorités françaises contre son programme en plein essor.

« L’Iran ne négociera pas son programme défensif … il n’y aura pas de discussions à ce sujet », a-t-il ajouté, qualifiant le président français Emmanuel Macron de « jeune et inexpérimenté ».

Selon Reuters, Jafari a également déclaré que l’Iran jouerait un rôle actif dans la mise en œuvre de l’accord de cessez-le-feu en Syrie.

Israël a exprimé sa préoccupation face à la présence militaire croissante de Téhéran de l’autre côté de sa frontière. Les avions israéliens ont mené de nombreuses frappes en Syrie et au Liban au cours de l’année passée pour contrecarrer les transferts d’armes destinées au Hezbollah.

Pendant ce temps, le Guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a exhorté le monde musulman à combattre « la tumeur cancéreuse » qu’est Israël.

« Aujourd’hui, la question de la Palestine est le principal problème du monde musulman, car il s’agit d’un pays islamique usurpé et transformé en un moyen destiné à saboter la sécurité de plusieurs pays de la région », a-t-il tweeté. « Cette tumeur cancéreuse [le régime sioniste] devrait être combattue. »

Tous deux se sont exprimés alors que le Premier ministre libanais, Saad Hariri, vient de rentrer à Beyrouth et sa démission est suspendue. Hariri avait annoncé sa démission depuis l’Arabie Saoudite le 4 novembre, évoquant des craintes pour sa vie et l’influence croissante du Hezbollah et de l’Iran.

A son retour, Hariri a souligné son soutien au retour à une politique officielle de « dissociation » du Liban avec « les guerres, les conflits extérieurs et les conflits régionaux » — une déclaration précisément destinée au Hezbollah.