Latifa Ibn Ziaten a fait part de son espoir que le président François Hollande, qu’elle a rencontré samedi matin, décide d’organiser « quelque chose » pour palier « l’oubli depuis cinq ans » de cérémonies d’hommages spécifiques aux trois militaires » tués par Mohamed Merah en mars 2012 – Imad Ibn Ziaten, Abel Chennouf, Mohamed Legouad.

« J’ai rencontré ce samedi matin le Chef de l’État. Je lui ai dit ce que je pense sur l’absence de cérémonies pour les trois soldats : on n’a jamais pensé à eux », a affirmé la mère de la première victime du jihadiste, le maréchal des logis Imad Ibn Ziaten.

« Je pense maintenant qu’il va y avoir quelque chose. Je ne sais pas ce que le président va faire. Mais je lui fait confiance », a ajouté Mme Ibn Ziaten, jointe au téléphone par l’AFP, précisant qu’elle ne voulait pas uniquement une cérémonie pour son fils mais pour tous les militaires.

Latifa Ibn Ziaten, devenue le symbole de la lutte contre la radicalisation, ne viendra pas aux hommages à Toulouse programmés dimanche en mémoire à toutes les victimes de Mohamed Mérah.

Du 11 mars au 19 mars, le jihadiste a tué trois soldats à Toulouse et Montauban puis dans l’école juive Ozar Hatorah un professeur Jonathan Sandler, ses deux fils Gabriel, 3 ans, et Aryeh, 6 ans ainsi que la fille du directeur, Myriam Monsonégo, 7 ans.

Reproduction photo of 8-year-old Miriam Monsonego, daughter of school headmaster Rabbi Yaacov Monsonego, who was killed in a shooting attack at the Ozar Hatorah School in Toulouse, France, early Monday morning. (photo credit: Flash90)

Miriam Monsonégo, fille du rabbin Yaacov Monsonégo, tués par Mohamed Merah à l’école juive Ozar Hatorah de Toulouse en mars 2012. (Crédit : Flash90)

La principale cérémonie, en présence du ministre de l’Intérieur Bruno Le Roux, est prévue au sein même de l’école renommée depuis Ohr Torah. Ensuite, un moment de recueillement avec énoncé des victimes est programmé près du Capitole.

« Personne ne pense aux militaires », avait dénoncé vendredi à l’AFP Mme Ibn Ziaten, affirmant « souffrir » depuis cinq ans de « cet oubli » et annonçant une rencontre avec une personnalité pour samedi sans en dévoiler la fonction.

« Je vais lui demander si ce sont des mouches, des hommes ou des militaires qui sont tombés », avait-elle prévenu, rappelant que « si (s)on fils n’avait pas été militaire, il serait à (s)es côtés aujourd’hui ».

« Personne ne pense aux militaires. J’attends depuis cinq ans. Cinq ans que c’est la même galère. Mon fils est mort parce qu’il est militaire et aucun hommage ne lui est rendu le 11 mars », date anniversaire de sa mort, a déploré Mme Ibn Ziaten.

« Le seul hommage à mon fils, il a été rendu par le Roi du Maroc et le Maroc », pays d’origine de la victime, a-t-elle affirmé.

Le président français François Hollande (d) serre la main du roi Mohammed VI du Maroc à l'Elysée à Paris le 20 novembre 2015. (Crédit : AFP PHOTO / LIONEL BONAVENTURE)

Le président français François Hollande (d) serre la main du roi Mohammed VI du Maroc à l’Elysée à Paris le 20 novembre 2015. (Crédit : AFP PHOTO / LIONEL BONAVENTURE)

La cérémonie a eu lieu samedi 11 mars à M’diq, dans le nord du Maroc en présence de nombreux officiels français et marocains.

Dans un discours lu par un conseiller royal, le roi Mohammed VI a « tenu à s’associer à la peine » de Mme Ibn Ziaten, lui rendant un hommage appuyé pour son « message de paix » et pour avoir « montré aux apologistes du terrorisme qu’ils n’auront pas raison de nous ».

« Il y a cinq ans, votre fils, votre frère, adjudant Imad Ibn Ziaten, était froidement abattu, victime de l’équipée meurtrière d’un terroriste inspiré par la haine. Pas un instant nous ne l’avons oublié », a rappelé pour sa part le président François Hollande, dans un message lu par l’ambassadeur de France.

« Si l’image d’Imad est encore aussi vivante, c’est sans doute par l’énergie et la force d’âme qu’ont su déployer ceux qui l’aiment (…) », a souligné le président François Hollande.