Un responsable militaire israélien a rejeté la notion que l’attaque américaine contre une base aérienne syrienne ce mois-ci était un tournant spectaculaire dans la guerre civile qui déchire le pays, pendant un point presse organisé mercredi.

Le 7 avril, l’armée américaine a tiré 59 missiles de croisière Tomahawk sur la base aérienne syrienne de Shayrat, en réponse à une attaque au gaz sarin contre Khan Chaykhoun, dans la province d’Idlib, qui a tué au moins 87 personnes.

Cette action était la première confrontation directe entre les forces syriennes et américaines après six ans de guerre civile, mais l’officier israélien a déclaré qu’il ne s’agissait pas d’un moment critique du conflit.

« L’attaque américaine n’était pas un tournant stratégique, mais simplement un développement supplémentaire des combats », a-t-il déclaré. Il s’exprimait sous condition d’anonymat.

L’officier a répété l’évaluation israélienne, selon laquelle le président syrien Bashar el-Assad a approuvé personnellement l’attaque chimique.

« Il m’est difficile de croire qu’il n’en savait rien », a déclaré l’officier.

Un enfant syrien inconscient à l'hôpital de Khan Sheikhun, une ville tenue par les rebelles de la province d'Idleb, après une attaque au gaz toxique, le 4 avril 2017. (Crédit : Omar Haj Kadour/AFP)

Un enfant syrien inconscient à l’hôpital de Khan Sheikhun, une ville tenue par les rebelles de la province d’Idleb, après une attaque au gaz toxique, le 4 avril 2017. (Crédit : Omar Haj Kadour/AFP)

Selon lui, les 1 200 tonnes d’armes chimiques qu’Assad avait autrefois en sa possession ont pour la majorité été détruites ou éliminées, ce qui ne lui laisse plus que quelques tonnes dans son arsenal.

« L’attaque au sarin est la preuve de la frustration et du grand désespoir d’Assad, et du fait que personne ne veut mener des manœuvres au sol en Syrie, pas le Hezbollah, par les Russes, et pas les Iraniens », a-t-il déclaré.

L’officier a déclaré que l’Iran, qui jouissait autrefois d’une « hégémonie » en Syrie, avait perdu le contrôle quand la Russie avait déployé ses troupes en 2015.

« Je ne vois pas comment une fin décisive ou un accord peut être atteint en Syrie. La seule solution possible est la création d’une fédération ou d’une confédération sur une base ethnique, comme aux Balkans », a-t-il ajouté.

L’officier a dit qu’Israël travaillait avec les Nations unies pour faire venir plus de casques bleus de la FNUOD, la Force des Nations unies chargée d’observer le dégagement, qui est déployée à la frontière israélo-syrienne pour maintenir le cessez-le-feu conclu en 1974 après la guerre de Kippour.

Les soldats de la FNUOD, la Force des Nations Unies chargée d'observer le désengagement, observent le plateau du Golan israélien, le 31 août 2014. (Crédit : Menahem Kahana/AFP)

Les soldats de la FNUOD, la Force des Nations Unies chargée d’observer le désengagement, observent le plateau du Golan israélien, le 31 août 2014. (Crédit : Menahem Kahana/AFP)

Quand les forces des Nations unies ont été attaquées en 2013 et 2014, les casques bleus ont abandonné leur base, laissant un vide qui a été occupé par les rebelles syriens, dont des membres de l’affilié de l’Etat islamique sur le plateau du Golan.

Environ 120 soldats de la FNUOD sont revenus dans la région l’année dernière, et l’officier a indiqué qu’Israël encourageait les Nations unies à en faire venir encore plus.

« A nos yeux, il est important de faire respecter l’accord de cessez-le-feu de 1974. Faire revenir la FNUOD sur le Golan est un objectif que nous avons fixé », a-t-il dit.

Au sujet de la bande de Gaza, l’officier a déclaré que l’Iran envoyait entre 60 et 70 millions de dollars par an au Hamas, que le groupe terroriste utilise pour renforcer ses capacités militaires.

Un soldat de Kometz , debout sur une échelle du côté gazaoui de la barrière de sécurité, pour réparer la clôture. Illustration. (Crédit : Netta Asner/unité des porte-paroles de l'armée israélienne)

Un soldat de Kometz , debout sur une échelle du côté gazaoui de la barrière de sécurité, pour réparer la clôture. Illustration. (Crédit : Netta Asner/unité des porte-paroles de l’armée israélienne)

L’officier a démenti que la construction par Israël d’une barrière de sécurité autour de la bande de Gaza, qui comprend une partie souterraine pour empêcher les tunnels d’attaque de pénétrer le territoire israélien, ne puisse mener à une intensification des violences avec le Hamas cet été.

Il a cependant souligné que la récente élection de Yahya Sinwar, vu comme un radical même au sein du groupe terroriste, entraînerait le Hamas gazaoui à « créer une réalité qui efface la distinction entre la direction civile et la direction armée » du groupe terroriste.