Ronald Lauder, le président du Congrès juif mondial a déclaré mardi que le verdict de la cour constitutionnelle allemande, qui a refusé d’interdire le parti d’extrême-droite NPD, était « décevant » et « déconcertant ».

Fondé en 1964, le NPD « partage des caractéristiques essentielles » avec la doctrine nazie et « veut déstabiliser et mettre à bas l’ordre libéral-démocratique », avait argumenté le Bundesrat dans sa demande d’interdiction.

Ce parti est aussi considéré par l’essentiel de la classe politique allemande comme un réceptacle pour des groupuscules néo-nazis tentés par la violence antisémite et xénophobe.

Réagissant au verdict de la cour allemande, Lauder a déclaré que « malheureusement, ce verdict permet au NPD de poursuivre ses activités destructrices et anti-démocratiques et de propager plus d’antisémitisme et de haine raciste. Ceci envoie un mauvais signal, d’autant que la cour a bien précisé que le NPD cherche effectivement à renverser l’ordre démocratique, et partage beaucoup de ses objectifs avec le parti nazi d’Hitler. »

A demonstration of members of the far-right German NPD party last year (photo credit: CC BY-SA Ubiquit23, Flickr)

Une manifestation des membres du parti d’extrême-droite allemand NPD en 2012. (Crédit : Ubiquit23/CC BY-SA/Flickr)

« Et pourtant, les juges ne partagent pas l’opinion des partisans d’une interdiction, selon lesquels le NPD est à présent dans une position où il peut accomplir ces objectifs, a poursuivi Lauder. Cependant, nous ne devons jamais oublier le peu de temps qu’il a fallu à Hitler et à son parti pour détruire la démocratie allemande, assassiner six millions de juifs et plonger tout le continent européen dans le chaos. »

« La situation aujourd’hui peut être différente, mais il n’y a absolument aucune raison d’être complaisant. L’Allemagne doit continuer à combattre vigoureusement le mouvement néo-nazi », a-t-il conclu.

« Les demandes du plaignant sont rejetées […]. A l’unanimité, la deuxième chambre a estimé que certes le NPD a des objectifs anticonstitutionnels, mais il n’y a actuellement pas d’éléments concrets de poids laissant penser que l’action [du parti] puisse être couronnée de succès », a indiqué mardi le président de la cour allemande, Andreas Vosskuhle.