Le gouvernement australien ne fera plus référence à Jérusalem-Est comme étant « occupée », a déclaré le gouvernement dans un communiqué jeudi. Un législateur décrit ce communiqué comme un « changement massif » de la politique étrangère.

Le procureur général George Brandis a expliqué que la position de la ministre australienne des Affaires étrangères Julie Bishop est que l’utilisation du mot « occupée » est moralisatrice et ne contribue pas au dialogue dans la région contestée, selon l’Australian Associated Press.

« La description de Jérusalem Est comme l’est de Jérusalem
« occupé » est un terme lourd d’implications péjoratives qui n’est ni approprié ni utile », a déclaré Brandis lors d’une réunion au Sénat.

« Cela ne doit pas être et ne sera pas dans les habitudes du gouvernement australien de décrire des zones de négociations dans un langage moralisateur ».

La décision a été prise 47 années jour pour jour après la guerre des Six Jours, pendant laquelle l’Etat juif a capturé Jérusalem-Est ainsi que la Cisjordanie et d’autres territoires arabes voisins.

Le pays a annexé Jérusalem-Est en 1980, l’unifiant la ville sous la souveraineté israélienne, mais la majorité de la communauté internationale ne reconnaît pas la mesure.

Mercredi soir, Brandis était sous le feu des critiques après avoir déclaré qu’aucun gouvernement australien, indépendamment de sa couleur politique, « reconnaît ou accepte » l’appellation de Jérusalem-Est comme « occupée ».

Plusieurs législateurs ont défié Brandis et ont fait remarquer qu’en 2011 et 2012, l’Australie avait soutenu des résolutions de l’ONU qui se référaient à Jérusalem-Est comme un territoire occupé.

Le sénateur indépendant Nick Xenophon a noté que la déclaration constituait un « changement massif » dans la politique étrangère australienne.

En janvier, Bishop semblait aller à l’encontre de l’idée que les implantations israéliennes où qu’elles soient au-delà des frontières de 1967 étaient illégales en vertu du droit international.

« J’aimerais voir quelle loi internationale les a déclarées illégales », observe-t-elle dans une interview avec The Times of Israel, ajoutant qu’elle ne voulait pas « préjuger des questions fondamentales », qui devraient plutôt être abordées dans les négociations de paix.

Les commentaires de Bishop ont attiré la condamnation générale des fonctionnaires palestiniens et australiens. Elle « veut réinventer le droit international et appeler les implantations israéliennes légales. Que tente d’accomplir Bishop en montrant son soutien aux colonies
israéliennes ? », a écrit le négociateur en chef de la paix palestinien Saeb Erekat à l’époque dans un éditorial publié dans le Sydney Morning Herald. « Si Bishop a voulu montrer sa solidarité à une occupation qui porte atteinte aux droits d’une population occupée, elle a réussi ».

En mai, l’ambassadeur australien en Israël, Dave Sharma, s’est attiré les foudres après une rencontre avec le ministre du Logement Uri Ariel dans son bureau de Jérusalem Est.

« Il convient de noter que la reconnaissance diplomatique de la situation créée par la tentative d’annexion de notre capitale est une violation flagrante du droit international », a écrit Erekat à Canberra après cette réunion, selon Haaretz.