L’armée israélienne a réagi mercredi pour la première fois à la vente par la Russie d’un système de défense aérienne de pointe à l’Iran, qualifiant le système de missiles S-300 d’obstacle, mais qui peut être surmonté.
 
« Le S-300 est un défi, a déclaré le Général Lihu Hacohen, le commandant de la base aérienne de Nevatim à un groupe de journalistes.

« L’armée de l’air se prépare à un éventail de scénarios, y compris avec ce système. Dans l’éventualité où elle aura besoin de fournir une réponse, notre aviation saura relever le défi ».

La Russie a promis le système à trois Etats de la région – l’Iran, la Syrie et l’Egypte. On ne sait pas quel modèle S-300 sera livré, mais s’il devait être placé en Syrie, à la frontière d’Israël, cela représenterait une menace constante pour les avions dans le centre du pays.

Des vétérans de l’armée de l’air israélienne ont suggéré il y a quelques jours que l’arrivée du système en Iran compliquerait toute frappe aérienne israélienne potentielle contre les installations nucléaires de la République islamique, mais ne scellerait pas le ciel.

« Si l’armée de l’air israélienne avait la capacité d’agir contre les installations nucléaires de l’Iran avant la livraison des S-300, alors elle l’aura après, aussi », avait estimé le général à la retraite de l’armée de l’air Asaf Agmon, l’actuel directeur de l’Institut Fischer pour les études stratégiques de l’air et de l’espace.

L’acquisition, forcerait cependant Israël à se consacrer sur sa capacité de guerre électronique pour lutter contre un tel système et à beaucoup investir dans des armes qui pourraient combattre les missiles S-300.

Le coût en vies humaines complique encore plus l’éventualité d’une attaque contre l’Iran.

Agmon a déclaré que les équipes iraniennes de défense aérienne s’entraînent sur le système russe depuis que le contrat a été conclu en 2007 et que, s’il devait être livré à l’Iran, il faudrait quelques semaines pour qu’il soit opérationnel.

Une autre préoccupation, a-t-il ajouté, est qu’une fois qu’un tel système est livré à l’Iran, il peut ensuite être transféré aux forces du président syrien, Bashar el-Assad, ou à celles de chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah au Liban.

Hacohen s’exprimait lors d’une cérémonie de réception de simulateurs de vol de F-35 de Lockheed Martin à la base aérienne de Nevatim. Les deux premiers chasseurs de la prochaine génération devraient arriver en Israël d’ici décembre 2016.

Israël prévoit d’acheter deux escadrons de 25 avions chacun, mais jusqu’à présent n’en a commandé que 33, en raison de l’opposition de la commision ministérielle sur les marchés de la Défense à la demande du ministère de la Défense de la totalité des 50 avions.

« Le rôle du gouvernement n’est pas d’approuver automatiquement les commandes de la hiérarchie militaire », avait déclaré en février le ministre des Renseignements et des Affaires stratégiques, Yuval Steinitz.

Selon Steve Over, directeur du développement du commerce international du F-35, le F-35 est équipé pour se mesurer à des systèmes sophistiqués de défense aérienne.

« Lors de l’élaboration du programme, nous avons pris en considération les menaces futures telles que le S-300 et développé les technologies capables de s’y mesurer, » a-t-il répondu par courriel, en mentionnant la furtivité de l’avion et spécialement ses senseurs sophistiqués, qui ont été conçus pour leurrer les radars ennemis .