Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a exprimé vendredi ses doutes sur l’existence et la dimension de l’Holocauste, dénonçant des « lignes rouges » de l’Occident sur la liberté d’expression.

« Les pays qui prétendent être libres ont des lignes rouges et sont très fermes pour les défendre. Dans les pays européens, personne n’ose parler de l’Holocauste (…) dont on ne sait pas s’il a été réel ou non et, s’il l’a été, comment cela s’est passé », a-t-il affirmé à l’occasion du Nouvel an iranien.

Le guide suprême s’exprimait à Machhad, une des principales villes saintes de l’Iran, appelant notamment à la « résistance » face à « l’invasion culturelle » de l’Occident, notamment concernant le principe de la liberté d’expression.

« Mettre en doute l’Holocauste est considéré comme une grande faute, ils l’empêchent, arrêtent la personne et la poursuivent en justice et prétendent être libres », a-t-il ajouté, lançant: « Et ils attendent de nous de ne pas défendre nos lignes rouges en terme de croyances et de valeurs révolutionnaires? »

L’Iran ne reconnaît pas Israël et certains de ses dirigeants appellent régulièrement à sa disparition. Mais, contrairement à son prédécesseur, Mahmoud Ahmadinejad, qui avait qualifié l’Holocauste de « mythe », le nouveau président iranien Hassan Rouhani a condamné « le massacre des Juifs par les nazis ».

En février, le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif avait affirmé que l’extermination des Juifs sous le régime nazi avait été « une cruelle tragédie funeste qui ne doit plus jamais se reproduire ».

Les sanctions occidentales

Le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, a appelé vendredi l’Iran à devenir plus résistant pour faire face aux sanctions occidentales sans attendre leur levée.

« La nation doit être plus forte. Si un peuple n’est pas fort, les puissances (occidentales, ndlr) qui extorquent les autres nations lui imposent leurs vues, le piétinent, l’agressent et l’insultent », a déclaré M. Khamenei dans un discours devant des milliers de fidèles dans la ville sainte de Machhad, prononcé à l’occasion du nouvel iranien.

« Il ne faut pas attendre que les ennemis lèvent les sanctions. Qu’ils aillent au diable. Il faut voir ce que nous pouvons faire nous-mêmes » pour renforcer l’économie de l’intérieur, a-t-il affirmé.

Les Etats-Unis et les pays européens ont imposé de sévères sanctions économiques contre l’Iran ces dernières années afin de contraindre Téhéran à suspendre son programme nucléaire, soupçonné de cacher un volet militaire.

Après l’accord intérimaire conclu avec les puissances du groupe 5+1 (Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie, Chine et Allemagne), ces sanctions ont été levées partiellement en janvier et l’Iran a accepté de geler une partie de son programme.

Les deux parties négocient un accord définitif qui garantirait la nature pacifique de son programme, et permettrait la levée totale des sanctions internationales.

« La puissance, ce n’est pas seulement les armes de guerre, il y a l’économie, la culture et la science », a-t-il dit.

L’Iran doit s’appuyer sur ses hommes et ses ressources naturelles comme ses réserves de pétrole et de gaz qui ensemble « sont plus importantes que dans n’importe quel autre pays du monde », a-t-il expliqué. Il a aussi appelé la population à consommer des produits fabriqués en Iran.

Cette économie de résistance ne signifie pas un « repli sur soi », a souligné le guide suprême. « Elle s’appuie sur les moyens de l’intérieur (…) mais a une interaction avec l’économie du reste du monde », a-t-il affirmé.

« La culture est encore plus importante que l’économie. C’est comme l’air qu’on respire. S’il est propre cela a un effet, s’il est pollué, l’effet est tout autre », a déclaré le numéro un iranien en mettant en garde contre « l’invasion » de valeurs culturelles occidentales qui menace les valeurs de la République islamique.