Un blogueur russo-israélien condamné en Azerbaïdjan à trois ans de prison pour avoir visité la région séparatiste du Nagorny-Karabakh, à la fois revendiquée par ce pays et l’Arménie, a été gracié, a annoncé lundi Bakou.

« J’ordonne la remise en liberté du citoyen israélien Alexander Valeriévitch Lapshin », a écrit le président azerbaïdjanais Ilham Aliev dans un décret publié sur son site internet officiel.

Alexander Lapshin, qui a aussi la nationalité ukrainienne, avait été arrêté en 2016 à Minsk, la capitale du Bélarus, avant d’être extradé en Azerbaïdjan en février dernier.

Il avait été reconnu coupable d’avoir illégalement traversé la frontière de l’Azerbaïdjan en se rendant au Nagorny-Karabakh en 2011 et 2012 via l’Arménie. En vertu de la loi azerbaïdjanaise, il est interdit de se rendre au Nagorny-Karabakh sans l’autorisation de Bakou.

Selon Ali Gassanov, conseiller politique du président, cette grâce fait suite à des négociations entre les autorités israéliennes et le gouvernement azerbaïdjanais et à une tentative de suicide du blogueur.

« La partie israélienne fait durer la procédure d’extradition et dimanche, Lapshin a tenté de se suicider, a déclaré Gassanov à l’AFP. Heureusement, les gardiens ont rapidement réagi et il est désormais sous traitement médical. »

Le ministère israélien des Affaires étrangères s’est dit « heureux » de la grâce octroyée à Lapshin, dans un communiqué publié lundi. « Nous serons heureux de le voir en Israël le plus vite possible », a-t-il ajouté.

Alexander Lapshin est le premier ressortissant étranger à avoir été condamné par l’Azerbaïdjan pour s’être rendu au Nagorny-Karabakh. Amnesty International avait dénoncé sa détention et appelé à sa libération.

L’Arménie et l’Azerbaïdjan sont en conflit depuis plus de 20 ans au sujet du Nagorny-Karabakh. Un cessez-le-feu avait été conclu en 1994, après une guerre ayant fait 30 000 morts et des centaines de milliers de réfugiés. Aucun traité de paix n’a toutefois été signé entre Bakou et Erevan et des heurts se produisent régulièrement.

En avril 2016, au moins 110 personnes – des civils et des militaires des deux camps – ont été tuées dans les pires violences depuis 1994. Un nouveau cessez-le-feu a été signé à Moscou entre les belligérants, mais des combats sporadiques continuent de se produire le long de la ligne de démarcation.