Un groupe de lutte contre le racisme a accusé ceux qui favorisent un boycott contre Israël d’antisémitisme après que ces derniers ont protesté contre l’invitation du comédien juif français à se produire lors du 53e festival de Carthage.

L’Association tunisienne de soutien aux minorités a réagi à une lettre ouverte adressée au ministère tunisien de la Culture et aux organisateurs de festival de musique de Carthage le mois prochain, pour protester contre l’invitation de Michel Boujenah, un humoriste français d’origine tunisienne.

Les militants tunisiens du mouvement Boycott Désinvestissement et Sanctions (BDS) anti-Israël sont à l’origine de cette lettre. Ils indiquent que Boujenah, qui parle avec passion de sa Tunisie natale durant ses spectacles, ne devrait pas avoir le droit de se produire parce qu’il est sioniste.

Boujenah, qui n’est pas citoyen israélien, a souvent parlé en faveur d’Israël durant ses interviews, notamment en 2009, face à Gilles Sitruk, organisateur de délégation inter-confessionnelles et auteur.

« Nous juifs de la Diaspora, n’avons aucune retenue dès qu’il s’agit de proclamer notre admiration pour Israël. Une admiration tout à fait justifiée lorsqu’on sait que le peuple auquel j’appartiens veut la paix avant tout », avait affirmé Boujenah lors de cet interview.

Il avait également déclaré : « Je me sens juif, français, tunisien, sioniste et très proche d’Israël, tout en étant militant d’un état palestinien… Bref, un grand balagan ».

Les activistes du mouvement BDS ont évoqué cette interview, entre autres, et ont écrit aux responsables et aux organisateurs du festival, demandant d’annuler la participation de Boujenah. « Il n’y a pas de place pour les sionistes, quelle que soit leur nationalité, dans notre pays et dans nos festivals ».

Yamina Thabet, présidente de l’Association tunisienne du Soutien des Minorités, a déclaré au journal Tribune juive que les militants « prennent lâchement des mesures anti-juives ».

« L’appel à boycotter le spectacle de Boujenah, sous prétexte de lutte contre le sionisme, n’est rien de plus qu’un acte anti-juif quand on sait qu’il s’agit d’un Tunisien qui a toujours crié haut et fort son attachement au pays… », a-t-elle affirmé durant une interview publiée jeudi.

En 2009, Gad Elmaleh, également humoriste et comédien juif français a été contraint d’annuler une tournée au Liban, après des menaces quant à son appartenance ethnique.

En 2014, c’est Bernard-Henri Lévy, un philosophe juif et fervent défenseur d’Israël, qui a été accueilli à l’aéroport de Carthage, en Tunisie, par des manifestants qui scandaient : « non au pouvoir sioniste en Tunisie » et « va-t’en ! »

L’humoriste a présenté son spectacle « La vie rêvée » à l’auditorium de la Tal Buisness School à Ramat Aviv le 28 juin dernier.

Dans ce one-man-show, où l’on voit réapparaître le chapeau devenu sa marque de fabrique, Michel Boujenah raconte une vie imaginaire et fantasmée, parsemée ici et là d’événements vécus, de morceaux vrais, tout en s’appuyant sur les événements de sa propre existence.