Le Brésil a annoncé mardi avoir accepté le candidat d’Israël au poste d’ambassadeur à Brasilia, mettant un terme à une controverse qui aura duré un an et demi et éprouvé gravement les relations entre les deux pays.

L’approbation – connue dans le langage diplomatique sous le terme d’agrément – du candidat Yossi Sheli par le Brésil “marque une nouvelle ère dans les relations d’Israël avec le Brésil, le plus grand pays d’Amérique Latine”, a fait savoir le ministère des Affaires étrangères de Jérusalem dans un communiqué.

« Il est indubitable que cette nomination renforcera l’amitié entre les deux nations et les liens dans différents secteurs, parmi lesquels l’économie et le commerce”.

Le Brésil est la septième économie mondiale et abrite une importante communauté juive qui soutient Israël, est-il écrit dans le communiqué.

Fernando Lottenberg, président de la Confédération juive du Brésil, a salué la “normalisation des relations diplomatiques” entre les deux pays.

“Nous continuerons à oeuvrer pour améliorer les liens et l’amitié entre Israël et le Brésil qui ont des liens forts aux niveaux historique, affectif et commercial, ainsi que des valeurs communes et des intérêts partagés”, a-t-il déclaré mardi au Times of Israel.

L'ancien président du Conseil Yesha  Dani Dayan (Crédit: Yonatan Sindel/Flash90)

L’ancien président du Conseil Yesha Dani Dayan (Crédit: Yonatan Sindel/Flash90)

L’agrément accordé par Brasilia à la candidature de Sheli, qui n’a aucune expérience diplomatique, vient mettre un terme à une controverse qui avait commencé au mois de mai 2015. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait alors nommé Danny Dayan, avocat du mouvement pro-implantations, à ce poste.

Le Brésil avait refusé d’accorder son agrément à Dayan, apparemment en raison de son ancienne fonction de président du Conseil Yesha, une organisation cadre réunissant les dirigeants des implantations en Cisjordanie.

Depuis, Dayan occupe le poste de Consul-général d’Israël à New York.

Mais Sheli — qui est considéré comme un confident de Netanyahu — n’était pas non plus une personnalité exempte de controverse.

Ancien homme d’affaires, il a été interdit de fonction publique pendant trois ans pour ne pas avoir fait état de son affiliation politique – il était membre du Likud – alors qu’il était président du conseil d’administration des services postaux israéliens et directeur-général de la municipalité de Beer Sheva.

Les procureurs de Jérusalem de 2008, dont il avait retenu l’attention, l’avaient inculpé pour avoir présenté de fausses attestations à l’Autorité chargée des services publics. Il avait été déclaré coupable de parjure et de fraude.

Quatre ans après, il avait signé un arrangement dans lequel il reconnaissait avoir violé une obligation légale sans permission.

Selon les termes de l’accord, il lui avait été interdit de travailler au service de l’Etat jusqu’en juin 2015.

Lorsque la nouvelle de la possible nomination de Sheli a émergé, un journaliste de Valor Econômico – le plus important journal financier du Brésil – a écrit que Netanyahu « semble engage à susciter la controverse par le choix de ses ambassadeurs au Brésil ».

Pour commencer, il a proposé un ancien chef du mouvement pro-implantations que le ministre des Affaires étrangères brésilien a refusé, avait rappelé le journaliste, Daniel Rittner. Maintenant « Bibi frappe encore une fois », avait poursuivi Ritter, traçant le passé problématique de Sheli.

Les membres de la communauté juive brésilienne n’ont guère été satisfaits par la nomination de Sheli, affirmant en privé qu’ils auraient espéré que Jérusalem nomme un diplomate de carrière moins controversé pour éviter davantage de frictions après la saga Dayan.

Mais Netanyahu a imposé Sehli. “C’est un polyglotte, il parle plusieurs langues et il est très clairement une personnalité de grand talent”, avait dit Netanyahu au Times of Israel durant un discours aux journalistes au mois d’août 2016, avant qu’il ne prenne de manière définitive sa décision de nommer Sheli.

Les liens avec le Brésil se sont améliorés de façon drastique au cours de l’automne 2016. La présidente du Brésil Dilma Rousseff a laissé sa place à Michel Temer, considéré comme un meilleur ami d’Israël.

Le président du Brésil, Michel Temer, à Brasilia, le 13 mai 2016. (Crédit : EVARISTO SA/AFP)

Le président du Brésil, Michel Temer, à Brasilia, le 13 mai 2016. (Crédit : EVARISTO SA/AFP)

Le ministre des Affaires étrangères brésilien José Serra s’est rendu en Israël pour assister aux funérailles de l’ancien président Shimon Peres en septembre 2016. Au cours de son déplacement, il a rencontré Netanyahu et fait le vœu de renforcer les relations bilatérales.

“L’idée est de renforcer les relations économiques, en particulier en ce qui concerne les produits high-tech et dans les secteurs de la sécurité et de la défense”, avait déclaré le ministre des Affaires étrangères brésilien à ce moment-là.

Netanyahu et Serra “ont également convenu d’intensifier les contacts politiques”, avait-il ajouté.

La semaine dernière, Jérusalem a accepté la nomination de Paulo César Meira de Vasconcellos au poste de nouvel ambassadeur en Israël. Le Sénat brésilien doit encore confirmer ce choix.

JTA a contribué à cet article.