Le ministre des Affaires sociales et des Prisonniers de l’Autorité palestinienne Chawki al-Ayasa a déclaré dimanche que le pacte d’union signé en juin entre l’AP et le Hamas a fonctionné avec un budget « en dessous de zéro », signalant de profondes difficultés financières pour faire tourner une administration.

Le problème budgétaire est le résultat d’un échec des donateurs à envoyer des fonds à l’Autorité palestinienne, qui repose en grande partie sur l’aide internationale.

« Les Etats-Unis n’ont pas fourni un seul centime depuis le 1er janvier, et l’Europe et les pays arabes ont seulement donné un tiers de ce qui était prévu » a fait savoir Al-Ayasa à l’agence de nouvelles palestinienne Maan.

« Le budget du gouvernement est en dessous de zéro, et il commence à emprunter auprès des banques parce que moins d’un tiers des fonds qui devaient arriver ont bien été reçus cette année » a-t-il affirmé.

L’Autorité palestinienne et le Hamas ont convenu à la fin du mois d’avril dernier de former un gouvernement d’union, incitant le Premier ministre Benjamin Netanyahu à mettre fin aux négociations de paix avec l’Autorité palestinienne sous la houlette des États-Unis, après neuf mois d’efforts.

Netanyahu affirme qu’il ne reprendra pas les pourparlers avec le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, de peur qu’il ne rompe les liens avec le Hamas, considéré comme une organisation terroriste par Israël et les Etats-Unis.

Selon l’accord de réconciliation, le Hamas a dissout son propre gouvernement à Gaza bien qu’il continue de contrôler de facto la bande de Gaza.

Le mouvement islamiste radical a insisté sur le fait que l’Autorité palestinienne devait payer les salaires des 42 000 fonctionnaires du Hamas – dont 20 000 seraient, selon plusieurs sources, des membres armées des Brigades Al-Qassam.

L’Autorité palestinienne a refusé de payer les fonctionnaires en juin, nommés après que le Hamas ait évincé ses rivaux du Fatah – qui lui-même domine l’OLP – à partir de la bande de Gaza en 2007. Par conséquent, n’ont pas été enregistrés comme ses employés.

La dispute au sujet de cette paie a été le premier défi pour le nouveau gouvernement palestinien d’union nationale, formé pour essayer de mettre fin à des années de rivalités inter-palestiniennes, et le Qatar a dû intervenir pour couvrir les frais des anciens employés du Hamas.