Le bureau du ministre des Affaires étrangères de Nouvelle-Zélande a été vandalisé. Il pourrait s’agir d’un acte commis en guise de représailles du parrainage par le pays d’une résolution de l’ONU critiquant les implantations israéliennes.

Le bureau de circonscription de Murray McCully à Auckland a été tagué mercredi des mots “McCully, traître haineux des Juifs”.

McCully a représenté la Nouvelle-Zélande aux Nations unies lorsque le pays a parrainé la Résolution 2334 devant le Conseil de Sécurité dénonçant les implantations israéliennes aux côtés de la Malaisie, du Venezuela et du Sénégal.

Le résolution affirme que les implantations “n’ont aucune validité légale et constituent une violation flagrante de la loi internationale”, demandant que cessent complètement les constructions dans les zones capturées par Israël après la Guerre des Six Jours de 1967.

Elle appelle également tous les états “à bien faire la distinction, dans leurs accords concernés, entre le territoire de l’Etat d’Israël et les territoires occupés depuis 1967 – une rhétorique qui fait craindre à Israël une augmentation des boycotts et des sanctions. Un responsable israélien a par ailleurs averti que ces propos pourraient entraîner des “turbulences propices au terrorisme”.

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La société, en Nouvelle-Zélande, a été profondément divisée sur la résolution.

La semaine dernière, des douzaines de partisans chrétiens d’Israël, accompagnés de membres de la petite communauté juive du pays, ont manifesté contre la résolution devant le Parlement de Nouvelle-Zélande.

Une manifestation aux abords du Parlement néo-zélandais à Auckland, en Nouvelle-Zélande, le 30 décembre 2016 (Crédit : Ernie Rosenthal)

Une manifestation aux abords du Parlement néo-zélandais à Auckland, en Nouvelle-Zélande, le 30 décembre 2016 (Crédit : Ernie Rosenthal)

En réponse, Israël a rappelé son ambassadeur en Nouvelle-Zélande. Selon Haaretz, dans les heures qui avaient précédé l’avancée de la résolution, le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait téléphoné à McCully, l’avertissant que présenter la résolution serait l’équivalent “d’une déclaration de guerre”.

Dans un pays qui s’appuie lourdement sur des accords commerciaux passés avec les états du Golfe, des auteurs des courriers adressés aux journaux ont laissé entendre que le parrainage par la Nouvelle-Zélande de la résolution 2334 du Conseil de Sécurité avait pour objectif de renforcer les intérêts du pays avec l’Arabie Saoudite.

McCully lui-même a été lavé des soupçons de corruption qui pesaient sur lui lors d’une récente enquête gouvernementale. Il était accusé, selon des allégations, d’avoir donné des millions de dollars d’argent public à un prince saoudien, Hamood Al-Khalaf, pour éviter des poursuites judiciaires dans le cadre d’un accord portant sur des exportations de moutons qui avait avorté.

Toutefois, le contrôleur général a découvert qu’il avait manqué de transparence lorsqu’il avait présenté cet accord au cabinet.

McCully a indiqué qu’il ne se représenterait pas aux prochaines élections, prévues à la fin de l’année.

Dans un contexte de remaniement du Cabinet marqué par l’accession de Bill English au poste de Premier ministre après la récente et surprenante démission de John Key, McCully a fait savoir qu’il abandonnerait son portefeuille au ministère des Affaires étrangères au mois de mai.