Le cabinet de sécurité israélien devait se réunir jeudi pour discuter de sanctions contre les Palestiniens après l’accord de réconciliation entre le Hamas et l’OLP (Organisation de Libération de la Palestine) conclu la veille, a indiqué la radio publique.

Au cours de cette « discussion spéciale », une série de sanctions devrait être annoncée, a ajouté la radio, qui a toutefois exclu l’annonce d’un possible arrêt complet des négociations entamées sous l’égide des Etats-Unis en juillet dernier et qui sont dans une impasse totale.

Un responsable du bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu a confirmé à l’AFP la réunion dans la matinée du cabinet de sécurité.

Il a qualifié l’accord de réconciliation de « très grave ». « La direction palestinienne en se liant au Hamas tourne le dos à la paix », a-t-il affirmé sans être en mesure de confirmer que des sanctions seraient annoncées à l’issue de la réunion.

Neuf ministres importants y assisteront, dont le ministre des Affaires étrangères Avigdor Liberman, celui des Finances Yair Lapid, de l’Economie Naftali Bennett et celle de la Justice Tzipi Livni. Ils ont tous condamné la réconciliation palestinienne.

Bennett, chef du parti Habayit Hayehudi, a été très virulent, en précisant que la réconciliation avec le Hamas faisait de l’Autorité palestinienne, « la plus grande organisation terroriste du monde. »

Lapid, chef du parti centriste Yesh Atid, a indiqué que la menace de Mahmoud Abbas de dissoudre l’Autorité palestinienne et de placer la responsabilité de la Cisjordanie sous l’autorité israélienne était « illogique », tout en maintenant que l’accord entre le Fatah et le Hamas était encore pire.

“Le Hamas n’est pas un gouvernement », a-t-il affirmé. “Il s’agit d’une organisation terroriste jihadiste qui a inscrit sur son drapeau la mort de civils – femmes, enfants et personnes âgées – juste parce qu’ils sont juifs.”

Au moment de l’annonce du pacte de réconciliation, Avigdor Liberman a prévenu qu’il ferait sombrer les négociations de paix. “La signature d’un accord d’union de gouvernement entre le Fatah et le Hamas met fin aux négociations entre Israël et l’Autorité palestinienne. »

Israël a réagi dès mercredi à l’accord de réconciliation entre Palestiniens en annulant une session de négociations qui était prévue mercredi soir.

Abbas a répondu que les négociations avec Israël et la réconciliation palestinienne n’étaient pas contradictoires, affirmant l’engagement des Palestiniens en faveur de la paix sur la base du droit international.

L’administration américaine, qui considère le Hamas comme une organisation terroriste, a estimé que l’accord pourrait « sérieusement compliquer » les efforts de paix.

Aux termes de l’accord de réconciliation, l’OLP reconnue internationalement comme le seul représentant du peuple palestinien, et le mouvement islamiste Hamas, au pouvoir à Gaza, ont convenu de former un gouvernement de « consensus national ».

Ce gouvernement, dirigé par Abbas et composé de personnalités indépendantes, sera constitué d’ici cinq semaines.