WASHINGTON — Le gouvernement du Cap-Vert classe les cimetières juifs de la nation insulaire et d’autres structures dans son patrimoine culturel.

Une association de Washington, le Projet du patrimoine juif du Cap-Vert (CVJHP) a annoncé cette semaine dans un e-mail à tous ses membres, la désignation, le 29 juin dernier, des sites comme faisant partie du « Patrimoine historique national » du pays. Cette désignation implique que les cimetières ne pourront pas être détruits et qu’un certain nombre de bâtiments liés au judaïsme ne peuvent pas être modifiés, a déclaré Carol Castiel, présidente du groupe, à JTA.

« Le CVJHP continuera à travailler main dans la main avec le gouvernement en se basant sur notre mémorandum de compréhension (Protocolo) signé en septembre 2016, pour identifier, restaurer, préserver et maintenir ces monuments importants du patrimoine juif », précisait le communiqué. Castiel a précisé à JTA que les sites peuvent, en fin de compte, être indiqués comme circuit du patrimoine juif pour les touristes sur l’île.

Les Juifs de l’île ont tous disparu, même si beaucoup de ses familles sont conscientes de leurs racines juives, tout comme le sont certains émigrés du Cap-Vert qui se sont installés en Nouvelle Angleterre.

Il y a eu deux vagues d’immigration juive vers l’ancienne colonie portugaise, qui se trouve à environ 482 kilomètres des côtes occidentales de l’Afrique. La première vague était composée de Juifs cachés venus avec la colonisation portugaise au 15e siècle.

Cette immigration est difficile à suivre à cause de la discrétion des Juifs, et les cimetières et d’autres sites sont des reliques d’une vague d’immigrants juifs vers l’île depuis le Maroc et Gibraltar au milieu du 19e siècle.

Le Projet du patrimoine juif du Cap-Vert travaille depuis 2008 avec les municipalités, notamment Praia, qui sont connues pour avoir eu une présence juive. Le roi Mohammed VI du Maroc a été l’un des soutiens du projet.

Plus tôt ce mois-ci, le Cap-Vert a annoncé qu’il ne voterait plus contre Israël aux Nations unies. L’annonce est intervenue suite à une rencontre, il y a deux mois, entre le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le président capverdien Jorge Carlos Fonseca en marge de la conférence de la Communauté économique des états d’Afrique de l’Ouest, au Liberia.