Le Cap-Vert a démenti mardi avoir décidé de ne plus voter contre Israël aux Nations unies, quelques jours après que le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’est attribué le mérite de cette apparente nouvelle politique.

Répondant aux informations publiées sur ce sujet, le Cap-Vert a confirmé son désir de faire progresser les relations avec Israël mais a déclaré que ses récents contacts à Jérusalem n’ont pas entraîné de changement favorable à l’Etat juif dans ses votes au sein des organisations internationales.

Dans une déclaration publiée sur sa page Facebook mardi, le président de l’archipel africain, Jorge Carlos Fonseca, a expliqué que, selon les termes de la constitution, c’est le gouvernement et non le président qui est en charge de la politique étrangère du pays. Même si le président est le chef de l’Etat, c’est le Premier ministre de la nation qui est le chef du gouvernement.

« Dans ce contexte, le président de la république soutient les lignes directrices de la politique étrangère définie par le gouvernement, qui privilégient les relations avec la CPLP [communauté des pays de langue portugaise], l’Union européenne, la CEDEAO [communauté économique des états d’Afrique de l’ouest], les Etats-Unis d’Amérique, la Chine, le Brésil et Israël », dit le communiqué.

Au cours d’une réunion organisée lors d’un sommet de la CEDEAO le 4 juin dernier, Fonseca et Netanyahu ont parlé de coopération bilatérale dans les secteurs de l’agriculture, de l’énergie, du tourisme et de la sécurité, a ajouté le communiqué.

Toutefois, les « aspects spécifiques de la diplomatie du Cap-Vert, comme les processus de vote dans les différents forums internationaux ainsi que les mécanismes de leur mise en place à travers les représentants du Cap-Vert, n’ont pas été abordés, et encore moins débattus », a précisé le post. La présidence n’a pas le droit d’intervenir dans la politique étrangère du gouvernement, a-t-il ajouté.

Mardi également, la présidence du Cap-Vert a démenti le fait que son retweet du post de Netanyahu sur la nouvelle politique apparente mise en place par le pays signifiait qu’elle apportait son approbation au message du dirigeant israélien.

Dans un second message publié sur la page Facebook de la présidence, elle a exprimé son « regret » face à un article paru dans un journal qui avait affirmé que le « retweet automatique » du post de Netanyahu par le président devait être considéré comme un soutien apporté à son contenu.

Le 2 août, le bureau de Netanyahu avait annoncé que le Cap-Vert ne voterait plus contre Israël à l’ONU, notant que cette décision apparente du pays était survenue deux mois après que le Premier ministre a rencontré Fonseca à un sommet de la CEDEAO à Monrovia. « Je me félicite de la décision du président du Cap-Vert. C’est le résultat d’une activité diplomatique intense entre Israël et l’Afrique », avait fait savoir Netanyahu dans un communiqué.

Le Premier ministre s’est exprimé à plusieurs occasions sur le sujet sur Facebook et sur Twitter. « La semaine dernière, le Cap-Vert a annoncé qu’il ne votera plus contre nous dans les institutions de l’ONU. C’est important et cela atteste d’une réussite », a-t-il déclaré lors d’une réunion du cabinet dimanche.

Le bureau du Premier ministre et le ministère des Affaires étrangères à Jérusalem ont refusé de commenter mercredi les déclarations faites par le Cap-Vert.

Mais un responsable de la diplomatie israélienne, s’exprimant sous couvert d’anonymat, a indiqué que le Cap-Vert, il y a quelques mois, avait dit à l’ambassadeur israélien, Paul Hirschson, qu’il avait décidé de cesser de voter contre Israël dans les forums internationaux. « C’est confirmé par des informations parues dans la presse locale au Cap-Vert », avait dit le responsable.

« Nous sommes conscients qu’il existe une pression importante des Arabes contre l’initiative israélienne de renforcer les liens avec l’Afrique. Nous présumons que cette déclaration du Cap-Vert résulte de cette pression. »

Le Cap-Vert, un pays à majorité chrétienne, compte environ 525 000 habitants.

Netanyahu a déclaré que l’activité diplomatique en Afrique était l’un des objectifs principaux de sa politique étrangère, dans l’espoir de rompre la majorité anti-Israël dans les organisations internationales comme les Nations unies. Au cours des 14 derniers mois, il a visité le continent à deux reprises et prévoit de participer à un sommet majeur entre l’Afrique et Israël au Togo en octobre.