Interrogée sur Radio J le 5 novembre, Danièle Obono, députée de la France insoumise (LFI) a pris la défense de la porte-parole du Parti des indigènes de la République (PIR), Houria Bouteldja, accusée par ses adversaires de favoriser l’antisémitisme, et qu’elle considère comme « une camarade » dans la lutte contre le racisme.

« Je respecte la militante anti-raciste. C’est dans le mouvement anti-raciste que je l’ai connue, c’est dans ces luttes-là que l’on s’est battues », a-t-elle déclaré au micro de Radio J. Quelques heures plus tard, vu le tollé suscité par ses propos, elle faisait marche arrière sur sa page Facebook.

« Je ne suis pas et je n’ai jamais été membre du PIR. je suis en profond désaccord avec leurs thèses », écrit la députée sur son compte.

Ces propos ont fait réagir chez ses camarades LFI. Discrètement, Jean-Luc Mélenchon a partagé sur sa page Facebook un message reprenant l’argumentaire détaillé qu’avait développé le LFI Thomas Guénolé en mars 2016 contre Houria Bouteldja.

Thomas Guénolé a lui même expliqué via Twitter que « les propos de @Deputée_Obono sur Houria Bouteldja n’ont /aucun/ rapport avec le projet de la France insoumise. Donc, ils n’engagent qu’elle ». Même son de cloche chez Djordje Kuzmanovic, porte-parole de Jean-Luc Mélenchon qui fustige une Houria Bouteldja « raciste, antisémite et communautariste ».

Alexis Corbière, député LFI, a glissé au Huffington Post qu’il « ne partage pas tout ce que dit Danièle », tout comme le directeur de campagne du parti Manuel Bompard qui évoque une « position individuelle ».

Licra, PS, LREM, unanimes contre le PIR

En dehors du parti les réactions offusquées n’ont pas manqué. Pour le nouveau président de la Licra (Ligue internationale de lutte contre le racisme et l’antisémitisme), Mario Stasi, qui a écrit lundi au chef de file de La France Insoumise Jean-Luc Mélenchon pour lui demander de « clarifier publiquement sa position et celle de son parti » à l’égard du Parti des indigènes de la République (PIR).

Le député LREM Gabriel Attal a aussi demandé à M. Mélenchon de « clarifier » sa position, tandis que le premier vice-président du PRG (radicaux de gauche), Guillaume Lacroix, a jugé la position de Mme Obono « inacceptable et dangereuse ».

« Pas de ‘camaraderie’ possible avec racialiste et antisémite », a tweeté le sénateur PS David Assouline.