Moins d’une semaine après les élections générales d’Israël, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a obtenu le soutien d’une majorité de 67 députés pour former la prochaine coalition, et les représentants des différents partis sont affairés à défendre les intérêts de leurs formations.

Netanyahu doit maintenant attribuer les portefeuilles ministériels, dont certains importants, à d’autres partis que le sien, en contrepartie du soutien dont il a besoin pour former une majorité, mais aussi aux députés du Likud, lequel, avec 30 sièges, est de loin le principal parti du futur gouvernement.

Le jeu de donnant-donnant peut s’avérer difficile pour Netanyahu en raison des intérêts et des idéologies contradictoires existant entre les partis.

Le numéro 8 de la liste HaBayit HaYehudi, Bezalel Smotrich, a menacé à titre préventif de faire « exploser la coalition d’ici un an et demi si le gouvernement appliquait la décision de la Cour suprême de démolir un certain nombre de maisons israéliennes construites sur des terres privées palestiniennes en Cisjordanie.

« L’évacuation de [l’avant-poste] Amona et la démolition de maisons à Ofra seront une mine si on marchait dessus, elles conduiront à notre explosion hors de la coalition », a déclaré Smotrich sur la radio Galey Israël, faisant référence à une implantation juive et à un avant-poste situés à 20 km au Nord de Jérusalem.

« Je ne vois pas le parti HaBayit HaYehudi siégeant au [gouvernement] et prenant ainsi part à la destruction … de toute une communauté et à l’expulsion de ses résidents », a-t-il dit.

Les analystes estiment que le nouveau gouvernement sera formé par les partis de droite et religieux, dont certains s’opposent à la création d’un Etat palestinien, et que si Netanyahu s’inclinait devant la communauté internationale qui le presse de se retirer ou d’évacuer des localités juives en Cisjordanie, il risquerait une rupture de sa coalition conduisant à de nouvelles élections.

En Israël, les Premiers ministres disposent d’un mandat d’une durée de quatre ans pour gouverner, mais il est rare que leurs gouvernements durent aussi longtemps en raison de querelles internes dans la coalition ou d’autres crises gouvernementales. C’est la raison pour laquelle le président Reuven Rivlin a appelé, hier, à un changement de ce système jugé trop « instable ».

De leur côté, les membres du parti ultra-orthodoxe Shas ont déclaré aux journalistes que le chef de la formation Aryeh Deri conditionnera son entrée au gouvernement de Netanyahu à deux postes ministériels. Bien que les ministères en question n’ont pas officiellement été cités, des sources proches de Deri affirment qu’il exigerait le ministère de l’Intérieur et celui des Affaires religieuses.

Les responsables du parti Likud ont annoncé qu’ils souhaitaient que le numéro 3 de la liste du parti, Yuli Edelstein, soit réélu président de la Knesset. Les principaux représentants du Likud devraient exiger un grand nombre de postes de haut niveau, en raison de la taille du parti.

Bien que Netanyahu puisse déjà s’appuyer sur la majorité des députés, certains partis ont fait savoir qu’ils refuseraient de siéger au sein du gouvernement avec d’autres formations.

Par exemple, les membres du Shas et de Yahadout HaTorah ont annoncé qu’ils ne se joindraient pas à un gouvernement qui comprendrait Yesh Atid de Yair Lapid, un parti qui est fermement opposé à l’influence ultra-orthodoxe au sein du gouvernement.

De toute façon, les responsables de Yesh Atid ont déclaré qu’ils ne recommandaient personne pour le poste de Premier ministre et que le parti centriste allait rejoindre l’opposition.