Beaucoup de gens pensent que la guerre d’Indépendance d’Israël a débuté le 14 mai 1948, quand Israël a été reconnu comme Etat. Mais cela n’est pas le cas. En fait, les premiers coups de feu de cette guerre ont été tirés un an et demi auparavant, le jour suivant la résolution des Nations unies divisant la Palestine mandataire en deux Etats : un arabe et l’autre juif.

Les Arabes de Palestine se sont violemment opposés à la résolution et ont lancé une attaque moins de 24h après son adoption.

Utilisant les méthodes qui nous sommes familières aujourd’hui, une bande de terroristes arabes ont tendu une embuscade et ont tué sept Juifs qui se trouvaient à bord d’un bus pour Jérusalem.

Pendant les quatre mois suivants, des Arabes locaux et d’ailleurs ont provoqué des émeutes dans les quartiers et les cités juifs et ont essayé de reprendre le contrôle d’implantations dans le pays. Mais la plupart des Arabes se focalisaient sur Jérusalem, le cœur du peuple juif.

Comme la conquête de Jérusalem, avec ses 100 000 habitants juifs, aurait été difficile, les commandements arabes ont décidé d’assiéger la cité.

Le siège s’est révélé une tâche facile. Pendant un moment les résidents arabes de Jérusalem avaient accès aux villes du nord, du sud et l’ouest de la Ville sainte. Les habitants juifs étaient isolés de leurs coreligionnaires, et totalement dépendants des villes côtières pour l’eau, la nourriture et le carburant.

La maison du chef (Crédit : autorisation Shmuel Bar-Am)

La maison du chef (Crédit : autorisation Shmuel Bar-Am)

Jérusalem était approvisionnée par l’artère principale : la route de Tel Aviv et Jérusalem, aujourd’hui l’une des principales autoroutes. 54 ans auparavant, c’était une route étroite à une voie entourée des deux côtés par les collines raides et escarpées de Jérusalem.

Pour empêcher les ravitaillements d’atteindre la ville, les villageois arabes tiraient sur les véhicules juifs des collines, au-dessus de la route, tuant les passagers.

Une autre technique était encore plus meurtrière : quand les Arabes voyaient un convoi se diriger vers les collines, ils couraient le long des pentes, plaçaient un rocher sur la route étriquée et se cachaient dans les arbres.

Le conducteur devait alors s’arrêter pour dégager la route, et les véhicules derrière étaient obligés d’attendre. C’est alors que les Arabes attaquaient – avec parfois des explosifs – et tuaient aveuglément toute personne en vue.

Parmi la douzaine de fortifications d’où les assaillants arabes pouvaient lancer des attaques sur la route pendant la guerre d’indépendance, les plus pernicieuses partaient du Castel.

Localisée à quelques kilomètres en dehors de Jérusalem, le Castel est un dénivelé impressionnant qui domine l’autoroute Jérusalem-Tel Aviv. Parce qu’il s’impose sur la route, il a été fortifié par les Romains et les Croisés.

Pendant la guerre d’Indépendance, les terroristes utilisaient les villages arabes éparpillés le long de ces pentes comme des bases pour attaquer les véhicules juifs.

Aujourd’hui, le Castel est un parc national qui a été transformé en mémorial pour les morts tombés pendant les batailles sanglantes.

Le mémorial (Crédit : autorisation Shmuel Bar-Am)

Le mémorial (Crédit : autorisation Shmuel Bar-Am)

Pour bien saisir la signification du Castel, il est nécessaire de comprendre l’importance du siège d’Israël.

Désespérés de passer en travers, les véhicules de provisions vers Jérusalem ont commencé à se déplacer en convois accompagnés de gardes armés – malgré l’injonction britannique interdisant aux Juifs de porter une arme.

Quand cela ne fonctionnait pas, les bus et les camions faisaient l’objet d’un étrange
« sandwich » : une planche de bois entourée de deux plaques raides.

Malheureusement, quand ces véhicules encombrants, qui menaient le convoi, changeaient de vitesse pour commencer leur lente ascension vers Jérusalem, les voitures à l’arrière étaient forcées de trainer à vitesse d’escargot. Et ils formaient tous ainsi une cible idéale pour l’ennemi.

Au premier avril, les réserves d’eau de Jérusalem s’étaient épuisées et la population en était réduite à manger des plantes. Au final, et même s’ils étaient habitués à raisonner en terme de retenue et d’autodéfense, les leaders juifs ont décidé qu’il était essentiel de reprendre le contrôle des routes.

Pour la première fois dans l’histoire judéo- arabe, les Juifs vont passer à l’offensive et conquérir les villages arabes hostiles. Et la première cible de cette opération fut le Castel.

Les commandos de Palmach furent chargés de conquérir les villages arabes hostiles. Il régnait un silence inquiétant alors qu’ils se déplaçaient furtivement le long des pentes rocheuses au milieu de la nuit. A leur grande surprise, le village était presque vide. Ils ont rencontré peu de résistance, et le reste du village a pris la poudre d’escampette…

Quand les leaders arabes ont appris la chute du Castel, ils ont ordonné au commandant Abed El-Kader El-Husseini de le reprendre. Des milliers d’Arabes ont répondu à l’appel d’El-Kader de prendre les armes, car le charismatique El-Husseini était adoré des masses.

Avec n’importe quelles armes sur lesquelles ils pouvaient mettre la main – couteaux, clubs de golf, fusils, pistolets et explosifs – ils ont envahi la colline vague par vague, cernant les juifs pendant les cinq jours suivants.

Vers le chateau (Crédit : autorisation Shmuel Bar-Am)

Vers le chateau (Crédit : autorisation Shmuel Bar-Am)

La pluie tombait sans relâche alors que la nourriture et les munitions du petit groupe de défenseurs juifs qui avaient remplacé le commando s’amenuisaient. Les renforts ne sont pas arrivés, et leur fatigue était immense. La possession du Castel changeait de mains constamment dans de fréquentes batailles sanglantes.

Le 8 avril 1948, durant un soudain répit, deux gardes ont vu trois silhouettes marchant sur les pentes. Certains que c’était les renforts et les provisions tant attendus, les gardes ont crié « venez en haut ! ».

Ils ont alors entendu l’un des nouveaux venus leur répondre, en anglais, « Bonjour les garçons, mains en l’air ! ». Ils se sont alors rendu compte que c’était trois Arabes, et l’un des gardes a tiré, tuant directement l’un d’eux alors que les deux autres s’enfuyaient.

Une heure plus tard, un soldat qui écoutait la radio arabe a entendu encore et encore la phrase « l’oiseau est tombé de sa cage ». Il ne savait pas ce que cela pouvait bien dire, mais plus tard dans la matinée, un grand nombre d’Arabes se sont précipités sur les pentes du Castel.

Dans l’une des pire bataille du site jusqu’alors, les forces juives ont fait face à un déluge de feu sur trois front différents.

Il s’est avéré que « l’oiseau » qui avait été tué par la balle du garde était El-Husseini lui-même. Ses admirateurs arabes, qui le vénéraient comme un demi-dieu, pensaient qu’il avait été capturé, et sont arrivés en masse pour le récupérer – vivant ou mort.

Rapidement, les munitions se sont épuisées, et quelques soldats étaient tellement fatigués qu’ils s’endormaient à leur poste malgré le bruit. Des renforcements d’urgence ont été envoyés au Castel, mais rien ne pouvait retenir la horde d’Arabes enragés.

Le retrait était la seule option, et même avec cela, beaucoup de soldats et presque tous les commandants ont été tués pendant cette bataille. Les Arabes avaient reconquis le Castel.

Les commandos du Palmach ont été dépêchés le jour suivant avant l’aube. Préparés à une lutte sanglante et acharnée, ils étaient choqués de voir qu’il n’y avait que quelques personnes qui restaient sur la colline.

Après avoir récupéré le corps d’El-Husseini, les Arabes avaient quitté le Castel et étaient partis participer aux funérailles. Le siège de Jérusalem avait finalement été levé. Et rapidement, un convoi de 235 véhicules remplis de ravitaillement a pu franchir la colline et arriver intact à la Ville sainte.

Pour atteindre le sommet de la colline, les visiteurs du parc national du Castel doivent gravir un sentier entouré d’un paysage naturel et non entretenu, jalonné d’herbes et de fleurs sauvages d’une multitude de couleurs.

Vous pouvez même descendre dans les bunkers et les tranchées construits préventivement par l’armée israélienne dans les années 1960, car jusqu’à la guerre des Six-Jours en 1967, la frontière jordanienne se trouvait à quelques kilomètres.

Les ruines de la maison du chef, construite sur des fondations de Croisés, est encore là au sommet de la colline. De là, au-dessus de l’adorable point d’observation du mémorial, la vue est incroyable. Avec les quartiers modernes juifs et les villages, on peut se rendre compte à quel point il était facile de tirer sur les véhicules de l’autoroute en contrebas.

La vue surplombante du chateau (Crédit : Shmuel Bar-Am)

La vue surplombante du chateau (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Le parc est ouvert les sept jours de la semaine, et est gratuit le vendredi et le samedi (et le Jour d’Indépendance, avec des tours guidés en hébreu). Dans quelques mois, tous les panneaux uniquement en hébreu vont être remplacés par des panneaux en trois langues et des brochures en anglais vont être disponibles.

Les détails sur les horaires et les directions sont sur le site de la Société de protection de la nature et des Parcs d’Israël.