Dans une lettre adressée au ministre fédéral allemand de la Justice, Heiko Maas, le directeur des relations internationales du centre Simon Wiesenthal, le Dr Shimon Samuels, a souligné « le rôle du Centre dans la poursuite pour les demandes d’indemnisation des victimes de l’Holocauste » et a exprimé son « outrage d’avoir appris que le juge Jan-Robert von Renesse – un protagoniste majeur pour la restitution de l’histoire juive – est actuellement en attente d’un procès pour avoir, soi-disant, ‘nui à la réputation des tribunaux allemands’ pour son travail envers les requêtes des survivants ».

Samuels a souligné que, « bien que nous ne souhaitions pas intervenir dans le système judiciaire allemand, le Centre Simon Wiesenthal soutient l’appel des 56 organisations des survivants de l’Holocauste pour mettre fin à une apparente campagne de harcèlement contre le juge von Renesse qui a infatigablement cherché à expier [les fautes commises par] son grand-père lors de son service chez les SS ».

La lettre a souligné que « le procès, qui débutera le 10 mars dans un tribunal en Rhénanie-du-Nord – Westphalie, pour ‘activisme judiciaire’, est apparemment un euphémisme pour l’humanité de von Renesse qui a personnellement rencontré et aidé les demandeurs âgés en Israël, pour remplir les formulaires requis. En effet, le juge était l’un des rares juges parmi ses pairs à clairement comprendre que les camps ne fournissaient pas de rapports médicaux ou de certificats de décès ».

Le Centre a fait valoir que, « le Bundestag semble, depuis, s’être rattrapé en approuvant les actions humanitaires de von Renesse sur la façon de traiter les questions de la documentation et de la rétroactivité, en adoptant des lois qui, sans doute, vicient les accusations portées contre lui ».

Le Centre a déploré le fait que « si ce soi-disant procès disciplinaires va de l’avant, il va faire des ravages sur des années de mesures judiciaires allemandes pour apaiser l’Histoire… Il va créer un précédent impensable, endommager l’évolution de la jurisprudence des droits de l’homme – en particulier dans le domaine de la compensation, de la restitution et de l’indemnisation ».

« Nous exhortons votre ministère à prendre position sur ce procès qui, sinon, découragera et intimidera désormais l’attitude de ceux que nous en sommes venus à désigner par l’image de ‘Juste parmi les Nations’, également connu sous le nom : ‘le Juste’ », a conclu Samuels dans son communiqué.