Le Shin Bet a publié jeudi plus d’informations sur l’enlèvement et le meurtre des trois adolescents israéliens en juin, y compris le transfert de l’argent de la bande de Gaza à Hébron afin de financer le triple meurtre et la tentative d’évasion en Jordanie de Hussam Kawasmeh, qui aurait aidé à enterrer les trois adolescents sur ses terres et a été mis en examen jeudi par un tribunal militaire.

Kawasmeh, 40 ans, a été arrêté le 11 juillet, et il a admis son rôle dans l’attaque en pointant du doigt d’autres membres de la famille et des connaissances précisant leur rôle dans le meurtre de Gil-ad Shaar, Naftali Fraenkel, et Eyal Yifrach, après qu’ils aient été enlevés à un poste d’auto-stop dans le Gush Etzion.

La disparition des trois garçons avait déclenché une opération de recherche massive et une répression contre le Hamas en Cisjordanie, avec des centaines de membres arrêtés.

Les tensions ont été encore intensifiées après que les corps des adolescents aient été retrouvés à l’extérieur de Hébron à la fin du mois de juin, et qu’un adolescent arabe de Jérusalem-Est ait été tué par des Juifs israéliens, déclenchant une bataille de 50 jours entre Israël et le Hamas à Gaza.

Les deux hommes soupçonnés d’avoir transporté les meurtriers, Marouane Kawasmeh et Amer Abou Eisheh,, sont toujours en liberté.

« Ils ont fait leurs erreurs et nous allons arriver à eux » a déclaré un officier supérieur du Shin Bet lors d’un briefing à Ynet.

Le policier a révélé que l’attentat aurait été une initiative locale plutôt qu’une directive venant d’en haut, et que, selon la confession de Hussam Kawasmeh, Marouane serait arrivé chez lui à une heure du matin dans la nuit et aurait déclaré : « Nous voulions en enlever un, nous en avons kidnappé trois. Nous nous sommes empêtrés là-dedans. Et nous les avons tués ».

Les deux hommes au cœur de l’attaque sont les frères Hussam et Mahmoud Kawasmeh. Ce dernier, qui vit dans la bande de Gaza, a été libéré d’une peine de 20 ans dans une prison israélienne pour son rôle dans un attentat-suicide de 2004 à Beer Sheva et exilé, dans le cadre de l’accord Gilad Shalit, dans l’enclave côtière contrôlée par le Hamas.

Hussam, qui avait un rôle de « recruteur » pour le Shin Bet dans l’attaque a demandé à son frère et a reçu 220 000 shekels (61 000 dollars) en espèces pour financer une attaque, a fait savoir le Shin Bet.

Avec l’argent, qui aurait été remis en mains propres à la mère de Hussam dans des enveloppes, il a acheté deux fusils et deux armes de poing auprès d’Adnan Zaro, 34 ans, de Hébron, et deux voitures – une pour l’enlèvement et une autre pour l’évasion.

Après l’élimination des corps et l’incendie de la Hyundai i-35 volée pour l’enlèvement, le Shin Bet a expliqué que Marwan Kawasmeh est arrivé à la maison de Hussam et dit qu’il y avait des complications dans le plan. Les deux auraient alors décidé de récupérer les corps et de les enterrer sur une parcelle de terrain qu’Hussam avait récemment acheté.

Marouane Kawasmeh (à droite) et Amer Abou Eisheh, membres du Hamas à Hébron (Crédit :autorisation)

Marouane Kawasmeh (à droite) et Amer Abou Eisheh, membres du Hamas à Hébron (Crédit :autorisation)

Le Shin Bet a déclaré que la parcelle n’avait pas été achetée à cet effet, a rapporté Haaretz.

Hussam a aidé Marouane et Amer Abou Eisheh, qui n’a pas participé à l’enterrement du corps, à s’échapper et à se cacher sur un terrain appartenant à Arafat Kawasme, 50 ans, de Hébron, à qui on a expliqué que les hommes étaient recherchés par l’Autorité palestinienne.

Les deux se seraient cachés dans une fosse d’eaux usées dans un champ à Hébron pendant plusieurs jours, puis, après avoir passé une nuit en plein air, sous un chêne, ils auraient disparu.

Le 30 juin, une fois que les corps ont été retrouvés, Hussam, le propriétaire du terrain, a été forcé d’aller en cavale.

« Il avait l’intention de fuir vers la Jordanie avec un document contrefait, et avec deux autres membres de la famille » a déclaré le Shin Bet.

Mais au cours d’une opération de renseignement, il a été trouvé et arrêté dans sa cachette dans le camp de réfugiés de Shuafat [Jérusalem-Est].

Au total, les huit complices présumés directement liés au crime ont été arrêtés. Les informations qu’ils ont révélées ont été transmises à la cour.