Abou Dhabi a publié le 15 novembre une liste de 83 « groupes terroristes », agrégeant parmi elles l’organisation Etat islamique (EI), Al Qaïda et plusieurs organisations proches ou issues de la confrérie des Frères musulmans – la bête noire des Emirats -, dont l’UOIF, l’une des principales organisations musulmanes en France.

Cette dernière a rapidement réagi en exprimant « stupeur et colère » devant « cette qualification aussi insultante que ridicule ».

Le CFCM, par la voix de son président Dalil Boubakeur, recteur de la Grande mosquée de Paris, lui a emboîté le pas mercredi en dénonçant de « graves accusations » portées « par un Emirat étranger ».

Dans un communiqué, le CFCM exprime son « soutien aux dirigeants de l’UOIF », et « rappelle à l’ensemble de la composante musulmane de France la nécessité de rester unie dans ces moments difficiles qu’elle traverse ».

L’UOIF, qui revendique 250 associations membres dont des gestionnaires de mosquées, est l’une des principales organisations structurant le paysage musulman français avec la Grande mosquée de Paris (liée à l’Algérie), le RMF et l’UMF (de sensibilité marocaine) ou encore le CCMTF (Turcs).

Si elle ne participe plus aux instances dirigeantes du CFCM, créé en 2003 pour fédérer la première communauté musulmane d’Europe (4 à 5 millions de membres), l’UOIF organise chaque année un événement présenté comme le plus gros rassemblement musulman du monde occidental, avec plus de 150.000 visiteurs.

Ces dernières semaines, l’UOIF a condamné à plusieurs reprises les agissements du groupe EI, signant un « appel des musulmans de France » à son encontre et fustigeant la « déportation de chrétiens en Irak ».

La nouvelle liste des groupes classés terroristes par les Emirats arabes unis vise aussi le Conseil des relations américano-islamiques (CAIR), important groupe islamique de défense des libertés civiles aux Etats-Unis.

Pour les spécialistes, les Emirats tentent ainsi de s’en prendre à des groupes non-violents affiliés aux Frères musulmans, confrérie fondée en 1928 en Egypte et qui a des ramifications dans toute la région, devenue la bête noire d’Abou Dhabi.