Le ministre grec des Affaires étrangères Nikos Kotzias est arrivé dimanche en Israël pour une visite de trois jours, alors que son pays tenait un référendum crucial pour son avenir.

Le ministère israélien des Affaires étrangères a annoncé dans un communiqué l’arrivée de M. Kotzias, notant qu’il s’agissait de la première visite d’un ministre du nouveau gouvernement grec formé en janvier.

Un porte-parole du ministère a indiqué que M. Kotzias devait dîner dimanche avec le président du Conseil économique national israélien, Eugene Kandel.

Lundi, le ministre grec doit rencontrer dans la matinée le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avant de rendre visite à des responsables de l’Autorité palestinienne. Sa visite doit s’achever mardi.

Tsipras veut chercher un accord avec l’Europe, appelle à l’unité des Grecs

Le non au référendum en Grèce ne signifie pas « une rupture avec l’Europe mais « le renforcement de notre pouvoir de négociation » avec les créanciers, UE et FMI, a affirmé dimanche soir le Premier ministre grec Alexis Tsipras.

Dans une allocution télévisée, le Premier ministre a également a assuré que son gouvernement était « prêt à reprendre la négociation avec un plan de réformes crédibles et socialement justes » et que « cette fois la question de la dette (publique) sera sur la table ».

Il a également lancé un message d’unité : « indépendamment de ce que nous avons voté, nous ne faisons qu’un » après le référendum de dimanche.

Sommet dela zone euro appelé par Paris et Berlin

La chancelière allemande Angela Merkel et le président français François Hollande se sont entretenus au téléphone dimanche soir au sujet de la Grèce, et demandent la convocation d’un sommet de la zone euro mardi, ont indiqué la chancellerie et l’Elysée.

Les deux dirigeants, qui ont été ensemble à la manoeuvre ces dernières semaines pour essayer de trouver une solution à la crise grecque, « sont d’accord sur le fait que le vote des citoyens grecs doit être respecté », selon un bref communiqué des services de la chancelière.

En outre, « la chancelière et le président de la République se prononcent en faveur de la convocation d’un sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de la zone euro mardi ».

La chancelière allemande Angela Merkel et le président français François Hollande (Crédit : AFP)

La chancelière allemande Angela Merkel et le président français François Hollande (Crédit : AFP)

Ils ont formulé cette demande à Donald Tusk, président du conseil européen, selon l’entourage du président français.

M. Hollande a eu successivement au téléphone dans la soirée le Premier ministre grec Alexis Tsipras, Mme Merkel, et les dirigeants des institutions européennes Jean-Claude Junker (Commission européenne), Martin Schulz (Parlement européen) et M. Tusk, a précisé l’Elysée.

Les sommets de dirigeants de la zone euro ne sont pas explicitement prévus par les structures européennes, mais sont déjà intervenus dans des situations exceptionnelles, le dernier en date le mois dernier à Bruxelles, déjà sur la Grèce.

Cris de joie et célébrations sur la place Syntagma

Plusieurs milliers de partisans du non au référendum initié par le gouvernement grec ont fêté dans le centre d’Athènes le rejet des dernières propositions des créanciers UE et FMI dont ils espèrent « un avenir meilleur » pour la Grèce, mais aussi pour l’Europe.

Dima Rousso est « très heureuse » : « Je ne pensais pas qu’il y aurait une telle différence » entre le oui et le non, s’étonne-t-elle, alors que le camp du non, mené par le gouvernement Tsipras, est en route pour une victoire avec plus de 60 % des voix.

« C’est la chance que l’Europe devienne ce qu’elle aurait dû être dès le début », se prend à espérer cette femme de 37 ans.

Si les drapeaux grecs flottaient dans l’air tiède de la place Syntagma, au pied du Parlement, où environ 5.000 manifestants s’étaient rassemblés selon la police, l’avenir de l’Europe était aussi sur toutes les lèvres.

Maria s’est enveloppée dans l’une des bannières aux rayures blanches et bleues, émue : « on avait perdu l’espoir. Ceci est le début de l’espoir. L’Europe est pour les peuples, pas pour l’argent.

« C’est une victoire pour le peuple grec, une chance pour l’Europe. L’Espagne, et puis le Portugal, doivent suivre le chemin. Nous sommes pour une Europe des peuples, pas du capital. Une Europe pour les hommes simples », lançait Giorgos, 25 ans qui participait à un autre rassemblement, non loin de là, d’un millier de militants Syriza.

Certains chantent, dansent, agitent des drapeaux et scandent « Oxi » (Non en grec). Des vendeurs de drapeaux et de sifflets n’ont pas mis longtemps à installer leurs stands dans quelques rues.

La joie de certains comme George Kotsakis, 55 ans, vêtu d’un jogging au motif des jeux Olympiques d’Athènes 2004, « ravi » et « persuadé que la vie sera différente a partir de maintenant », se mêlait chez d’autres manifestants d’une vague appréhension sur ce qui les attendait. Les banques sont fermées depuis une semaine. Tous les dirigeants européens ne semblent pas prêt à rouvrir le débat avec Athènes.

Si Vassilious Kontagiannis, un radiologiste de 53 ans, est content du résulat, il « a peur du jour d’après ». « J’espère que l’Europe comprendra notre situation et que Tsipras enverra une meilleurs équipe de négociateurs à Bruxelles ».

La foule est beaucoup mois nombreuse que lors des deux rassemblements qui ont clos la campagne pour le référendum vendredi soir, oui et non attirant plus de 20.000 personnes chacun dans les rues.

Célébration du 'non' au référendum sur la position de la Grèce face aux demandes de l'UE - 5 juillet 2015 (Crédit : AFP/ARIS MESSINIS))

Célébration du ‘non’ au référendum sur la position de la Grèce face aux demandes de l’UE – 5 juillet 2015 (Crédit : AFP/ARIS MESSINIS))

Et alors qu’elle découvrait les premiers résulats, vers 19h00 locales (16h00 GMT), Lily Ianacopoulo, une avocate de 50 ans qui a voté non, s’inquiétait malgré tout : « je tremble d’angoisse parce que la situation est très difficile. La suite peut être pire que ce qu’on voit aujourd’hui. Je ne sais pas combien de temps les banques vont rester fermées ».

Spectateurs de ces émotions contradictoires, de nombreux touristes ne restaient pas indifférents: l’américaine Connie Cowper, 64 ans, agite un petit drapeau grec, sortie de son hôtel « pour voir ça » et « triste car le pays a tellement perdu » durant les annés de crise qu’il a traversées.

Marco, un touriste argentin, brandit un drapeau aux couleurs de son pays : « on a vécu la même chose. Le problème c’est que la Grèce n’a pas la richesse de l’Argentine pour s’en sortir. Mais on est venu les soutenir ».