Le dirigeant local de l’association de la presse étrangère a déclaré pendant le débat de la Knesset mardi qu’il avait fermement rejeté les affirmations d’un parti pris anti-Israël intrinsèque dans les médias internationaux.

« Nous avons eu un processus de révision très rigoureux quand des informations arrivent, où vous avez celui qui parle hébreu en contact avec la police, l’armée et beaucoup de porte-paroles et des gens qui sont sur le terrain », a déclaré aux députés Luke Baker, le chef du bureau Israël/Palestine de Reuters. « Il y a un processus plutôt rigoureux d’annonce et de vérification des faits ».

Depuis le début de la vague actuelle de violence, Reuters a publié plus de 700 titres, dont un seul s’est révélé problématique et a en conséquence été corrigé, a-t-il déclaré.

« Je ne pense vraiment pas que la presse étrangère soit partiale, a-t-il ajouté. Je ne pense pas que quiconque nie le fait qu’il y ait eu des erreurs, des problèmes de temps en temps. Parfois il a été plus dur de les corriger que d’autres. »

Les nombreuses organisations d’information opérant en Israël publient un « énorme montant de couverture avec très peu d’erreurs factuelles, a-t-il souligné. Je ne vois pas comment les médias devraient répondre en terme de parti-pris systématique. »

Si quelqu’un s’était attendu à ce que la session dégénère en une bruyante réunion indisciplinée pendant laquelle les députés israéliens crieraient des accusations aux journalistes étrangers, rien n’aurait pu en être plus éloigné. La session peu fréquentée de la sous commission de la guerre juridique, qui opère dans le cadre de la puissante commission de la Défense et des Affaires étrangères, a été conduite calmement et s’est principalement concentrée sur la manière dont les porte-paroles israéliens peuvent plus efficacement transmettre des informations à la presse étrangère.

Le débat s’est terminé avec les politiciens israéliens demandant que les bureaux de presse gouvernementaux fournissent aux journalistes de meilleures informations en temps réel sur les attaques, et les représentants des médias défendant leur historique en affirmant que les graves erreurs de couverture sont rares.

La députée Tzipi Livni  lors d'une session plénière de la Knesset le 7 septembre, 2015 (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)

La députée Tzipi Livni lors d’une session plénière de la Knesset le 7 septembre, 2015 (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)

« Je ne commence pas avec l’hypothèse que chacun est contre nous et que nous devons nous battre avec tous », a déclaré en début de session la dépitée Tzipi Livni (Union sioniste), présidente de la sous commission. « La question n’est pas de savoir qui écrit sur nous, que cela soit critique ou pas – la critique est certainement, de mon point de vue, aussi légitime que possible – mais plutôt quels sont les cas dans lesquels la réalité est dépeinte d’une manière qui est en fait incorrecte. »

Livni avait convoqué la session, à laquelle seuls trois députés ont assisté – dont un seul de la coalition, le député Koulanou Michael Oren – après un titre controversé de l’important média américain CBS.

Le 3 février, après l’attaque de trois Palestiniens armés contre des officiers de la police des frontières, qui a tué Hadar Cohen, 19 ans, CBS utilisait le titre suivant : « 3 Palestiniens tués alors que la violence quotidienne continue ».

Titre de l'article "biaisé" de CBSnews suite à l'attaque fatale dans la Vieille Ville de Jérusalem le 3 février 2016 (Crédit : capture d’écran @NTarnopolsky)

Titre de l’article « biaisé » de CBSnews suite à l’attaque fatale dans la Vieille Ville de Jérusalem le 3 février 2016 (Crédit : capture d’écran @NTarnopolsky)

Après des plaintes d’officiels israéliens, le média a changé son titre pour une deuxième version toujours problématique, et seulement quelques heures après pour un qui reflétait mieux ce qu’il s’était passé et sans commencer pr la fin de l’histoire.

Ceci, cependant, était simplement un exemple de mauvaise écriture de titre, a déclaré le directeur du bureau de presse gouvernementale, Nitzan Chen.

« Ces quatre derniers mois, il y a eu quatre ou cinq cas de titres publiés sur des attaques terroristes qui déformaient [les faits]… [et] les lecteurs moyens dans leurs pays respectifs lisaient [les informations sur] un évènement qui était exactement le contraire », a-t-il déclaré.

Mais plutôt que de se concentrer sur le parti pris ostensible des médias étrangers, Livni et la députée Shelly Yachimovich (Union sioniste) ont demandé à ce que des changements puissent être faits à la procédure de travail des porte-paroles israéliens.

« Il n’y a personne au gouvernail », s’est plaint Oren. Il a rappelé comment, quand il était confronté à des articles critiques sur Israël pendant son mandat d’ambassadeur aux Etats-Unis, il avait contacté une série d’officiels mais n’avait obtenu une image claire de la situation que quand il avait contacté personnellement le directeur du Shin Bet. Les choses se sont améliorées depuis mais ont besoin de plus de rationalisation, a-t-il déclaré.

Oren a également suggéré de ridiculiser et « humilier » les médias qui réunissent les attaquants et les victimes dans leurs titres.

Livni a déclaré qu’il était difficile d’accuser la presse étrangère de ne pas annoncer les victimes israéliennes alors que l’armée ne donne aucune information sur les soldats avant que leurs familles n’aient été informées.

Oren et Yachimovich ont été d’accord avec elle pour dire qu’il était peut-être temps de reconsidérer cette politique, le porte-parole de l’armée, le lieutenant colonel Peter Lerner, semblait peu disposé à être d’accord.

Concluant la session d’une heure, Livni a déclaré qu’elle ne voulait pas dicter aux journalistes étrangers comment faire leur travail et qu’elle était plus inquiète que les porte-paroles israéliens transmettent rapidement des informations plutôt que d’articles critiques ou biaisés.

Pourtant, alors que les journalistes sont libres d’interpréter le conflit au Moyen-Orient comme ils le souhaitent, a-t-il déclaré, quand ils annoncent un incident spécifique ils ne doivent pas confondre les agresseurs et les victimes. « C’est important pour moi que vous mentionnez qui est le tueur et qui est le tué. »

Anticipant la session de mardi prochain et faisant référence à la menace de Chen, le directeur du bureau de la presse gouvernementale, de la semaine dernière – révoquer des autorisations de journalistes après des titres inexacts – le comité des protection des journalistes a exprimé lundi ses inquiétudes sur la « pression croissante » du gouvernement israélien sur la presse étrangère.

« En tant que démocratie qui maintient la liberté d’expression, Israël ne doit pas menacer de révoquer des autorisations de presse de journalistes qui publient des articles ou des titres que le gouvernement pourrait ne pas aimer », avait déclaré Robet Mahoney, directeur-adjoint du comité.

« Il est en pratique impossible de travailler comme journaliste en Israël et dans les territoires occupés sans carte de presse. La menace de retirer une accréditation est une approche autoritaire à une couverture importune et étouffante. »