Le commandant des Forces armées libanaises, le général Joseph Aoun, a exhorté mardi ses troupes à être « pleinement préparées » à affronter Israël au milieu de tensions croissantes dans la région.

« Je vous demande … d’être pleinement préparé à la frontière sud pour faire face aux menaces et aux violations de l’ennemi israélien », a déclaré M. Aoun dans un discours à l’occasion du 74e anniversaire de l’indépendance du Liban.

Le général a également averti qu’Israël avait « des intentions hostiles contre le Liban, son peuple et son armée ».

Aoun a aussi appelé ses soldats à assurer la mise en œuvre de la résolution 1701 des Nations unies, avec l’aide de l’ONU, et à « préserver la stabilité ».

La résolution 1701 a mis fin à la guerre de 2006 entre Israël et le groupe terroriste libanais du Hezbollah. Aoun a appelé les deux parties à respecter les frontières désignées et les zones tampons de l’ONU ainsi que le désarmement des groupes armés au Liban.

Joseph Aoun (Crédit : autorisation)

Joseph Aoun (Crédit : autorisation)

L’armée libanaise est considérée comme une force largement inefficace, incapable d’affronter les forces du groupe terroriste du Hezbollah les mieux armées et les plus endurcies. Il n’a fait aucune tentative pour désarmer le Hezbollah soutenu par l’Iran, dont l’aile politique fait partie du gouvernement libanais.

L’appel d’Aoun pour que ses troupes soient prêtes pour une attaque israélienne survient au milieu de tensions croissantes entre Israël et le Hezbollah ainsi qu’une crise politique entre Beyrouth et l’Arabie saoudite, déclenchée par la démission du Premier ministre libanais Saad Hariri.

En démissionnant, Hariri a cité l’ingérence de l’Iran et de son ami le Hezbollah dans la région, ainsi que les craintes pour sa vie. Sa démission du 4 novembre annoncée depuis la capitale saoudienne est largement considérée comme ayant été orchestrée par le royaume du Golfe.

Un soldat de l’armée libanaise prend position sur une zone contrôlée par le groupe État islamique en bordure de la ville d’Arsal, au nord-est du Liban, le 19 juin 2016. (AP / Hussein Malla)

Le Hezbollah a affirmé ces dernières semaines que l’Arabie saoudite pressait Israël d’attaquer le Liban.

La Ligue arabe a condamné lundi l’Iran et son mandataire, le Hezbollah, qu’il a accusé de terrorisme et de soutenir des « groupes terroristes » dans toute la région.

En réponse à la condamnation de la Ligue arabe, le président libanais a défendu le Hezbollah, affirmant que son pays avait été soumis à « l’agression » israélienne pendant des décennies et avait le droit de se protéger.

« Le Liban a été capable de faire face à l’agression israélienne depuis 1978 jusqu’à la guerre de 2006. Il a été capable de libérer sa terre. Les menaces israéliennes sont toujours en cours. Les Libanais ont le droit de la combattre et de la contrecarrer avec tous les moyens disponibles », a déclaré Michel Aoun.

Pendant ce temps, Israël a déclaré qu’il ne permettrait pas au Hezbollah – qui se bat en Syrie au nom du régime du président Bachar al-Assad – d’être présent à sa frontière avec la Syrie. Il a également déclaré que toute attaque du Hezbollah contre Israël serait considérée comme une attaque provenant du Liban lui-même.

Cependant Israël et le Hezbollah, ont tous deux déclaré qu’ils n’étaient pas intéressés par une guerre en ce moment.

Lundi, le ministre de la Défense, Avigdor Liberman, a exhorté les législateurs à augmenter les dépenses militaires de plus de 1 milliard de dollars au cours des trois prochaines années, citant l’évolution de la situation en Syrie, notamment la présence iranienne accrue dans le pays.

Un char qui vole le drapeau du groupe terroriste du Hezbollah est aperçu à Qara dans la région de Qalamoun en Syrie le 28 août 2017 (AFP Photo / Louai Beshara)

Le ministre de la Défense a noté des pénuries importantes du nombre d’abris anti-aériens dans le nord d’Israël, qui serait la partie du pays la plus touchée par une éventuelle guerre contre le Hezbollah.

« C’est une population qui ne se lèvera pas et ne construira pas [des abris] pour elle-même. Si l’État veut assurer la sécurité des civils, il doit se manifester le plus rapidement possible », a-t-il déclaré.