Le chef de l’opposition sud-africaine a rencontré le Premier ministre Benjamin Netanyahu à Jérusalem mercredi. Quelques jours plus tôt, le président sud-africain avait réitéré sa demande aux politiciens de ne pas se rendre en Israël.

Mmusi Maimane, chef du parti de l’Alliance démocratique, est arrivé en Israël en début de semaine pour une visite privée, centrée sur la création de relations commerciales. Il était accompagné de trois députés de son parti, dont Michael Bagraim, ancien président du Conseil des représentants juifs d’Afrique du Sud.

Maimane, qui dirige l’opposition sud-africaine depuis 2014, a rencontré son homologue israélien Isaac Herzog, le maire de Jérusalem Nir Barkat, et plusieurs membres du ministère des Affaires étrangères. Sa visite était prévue depuis janvier par le ministère des Affaires étrangères.

Ce dernier et l’ambassade sud-africaine à Tel Aviv n’ont pas souhaité commenter la visite de Maimane. Le chef de l’opposition sud-africaine a décliné les demandes d’interviews.

Dimanche, le président sud-africain Jacob Zuma, président du parti au pouvoir, l’African National Congress (ANC), a réaffirmé sa politique en appelant les politiciens à ne pas se rendre en Israël.

Le président de l'Afrique du Sud et du Congrès national africain (ANC), Jacob Zuma, à Port Elizabeth, en Afrique du Sud, le 16 avril 2016. (Crédit : Michael Sheehan/AFP)

Le président de l’Afrique du Sud et du Congrès national africain (ANC), Jacob Zuma, à Port Elizabeth, en Afrique du Sud, le 16 avril 2016. (Crédit : Michael Sheehan/AFP)

« Le peuple de Palestine continue de souffrir, au nom de sa quête légitime d’autodétermination, et l’ANC appelle à la solidarité et au soutien à sa cause », a déclaré Zuma dans son discours traditionnel du 8 janvier. « Nous réaffirmons nos directives, et déconseillons fermement de voyager en Israël pour des motifs autres que la promotion de la paix dans la région. »

Durant le discours du 8 janvier 2016, Zuma a affirmé que le parti déconseillait « aux chefs de l’ANC, à ses membres et à ses députés de se rendre en Israël pour des raisons commerciales ou personnelles ».

Tous les ans, des dizaines de milliers de Sud-Africains ne tiennent pas compte de cette instruction, selon un responsable israélien.

Il a affirmé au Times of Israel, sous couvert d’anonymat, qu’il voyait d’un très bon œil le fait que « Maimane et trois membres du parti de l’Alliance démocrate viennent une semaine pour voir le meilleur aspect d’Israël. »

« Pour eux, c’est l’occasion de voir les nombreuses possibilités de collaboration entre Israël et l’Afrique du Sud. Le fait qu’un dirigeant sud-africain, tout comme 30 000 Sud-Africains en 2016, ne tiennent pas compte du conseil stupide et autodestructeur de l’ANC d’il y a quelques jours, est un excellent message, qui montre une vision différente et plus équilibrée. »

Afin de renforcer les relations entre les deux pays, Zuma a condamné lundi l’attentat au camion bélier qui a tué quatre soldats à Jérusalem. Dans un communiqué publié par le ministère sud-africain des Affaires étrangères, le président a déclaré que « le pays présente ses condoléances au gouvernement israélien pour cette attaque contre des cadets tués dans l’incident de camion (truck incident) hier à Jérusalem-est. »

Pretoria, qui commente rarement les attaques terroristes perpétrées contres les Israéliens, a réaffirmée être « opposée à toute action violente, tout particulièrement en ce qui concerne le conflit israélo-palestinien » et a proposé son « aide pour la reprise des négociations entre les deux pays ».

« En Afrique du Sud, nous considérons que le dialogue politique et l’engagement sont des éléments cruciaux pour atteindre une solution pacifique viable. L’assassinat des soldats à Jérusalem ne doit pas servir de justification à la contre-attaque. Cela ne ferait qu’empirer une situation déjà précaire », peut-on lire dans le communiqué.

Les relations entre Jérusalem et Pretoria sont tendues depuis que l’Afrique du Sud a violemment critiqué la politique israélienne et manifesté son soutien aux Palestiniens. En 2015, l’ANC a accueilli le chef du bureau politique du Hamas, Khaled Meshaal, suscitant des protestations de la part d’Israël.

En septembre 2016, Dore Gold, alors directeur général du ministère des Affaires étrangères, avait rencontré la ministre des Affaires étrangères sud-africaine.

Le directeur du ministère des Affaires étrangères, Dore Gold (deuxième à gauche) avec son homologue sud-africain, Jerry Matjila (à sa gauche), l'ambassadeur d'Israël en Afrique du Sud Arthur Lenk (sur la droite) et l'ambassadeur sud-africain en Israël Sisa Ngombane, le 10 mars 2016. (Crédit : ministère des Affaires étrangères)

Le directeur du ministère des Affaires étrangères, Dore Gold (deuxième à gauche) avec son homologue sud-africain, Jerry Matjila (à sa gauche), l’ambassadeur d’Israël en Afrique du Sud Arthur Lenk (sur la droite) et l’ambassadeur sud-africain en Israël Sisa Ngombane, le 10 mars 2016. (Crédit : ministère des Affaires étrangères)

La rencontre avait eu lieu à New York en marge de l’assemblée générale des Nations unies. Elle était d’autant plus remarquable que la ministres Maite Nkoana-Mashabane avait déclaré en 2012 que ses responsables ne discuteraient pas avec Israël.

Quelques mois plus tôt, Dore Gold avait entrepris une visite de trois jours en Afrique de Sud et rencontré des politiciens et des dirigeants de communautés juives.

« Ces rencontres ont été un début très important. Il est trop tôt pour affirmer que nos relations vont radicalement changer. Mais ils étaient disposés a écouter nos arguments, avait déclaré Dore Gold au Times of Israel. Il y a du potentiel. Maintenant, tout dépendra de la suite des événements. »