Le chef d’état-major israélien, Gadi Eizenkot, a prévenu ses troupes mercredi contre l’usage excessif de la force face à la vague d’attaques anti-israéliennes que mènent depuis début octobre des Palestiniens dont de nombreux adolescents, tués en menant leur attaque.

Le responsable militaire a prévenu ses troupes de ne pas faire feu de façon excessive contre les violences palestiniennes lors desquelles de nombreux assaillants, jeunes pour un très grand nombre, ont été tués.

Eizenkot a souligné mercredi que les règles d’engagement de l’armée étaient suffisantes pour traiter les menaces terroristes, ajoutant qu’il ne voulait pas voir de situation dans laquelle un soldat viderait un chargeur plein « sur une fille avec des ciseaux ».

Le chef d’état-major, qui s’adressait à des lycéens s’apprêtant à s’engager dans leur service militaire, a souligné le rôle des adolescents palestiniens dans la vague de violences qui a éclaté début octobre. S’exprimant dans un lycée de Bat Yam, Eizenkot a déclaré qu’un soldat devait tirer pour tuer les auteurs d’attaques terroristes seulement s’il y avait une menace immédiate pour la vie humaine.

« Quand une fille de 13 ans brandit des ciseaux ou un couteau et qu’il y a une distance entre elle et les soldats, je ne veux pas voir un soldat ouvrir le feu et vider son chargeur sur une fille comme elle, même si elle commet un acte très grave, a déclaré Eizenkot. Il devrait plutôt utiliser la force nécessaire pour atteindre son objectif. »

« L’armée ne peut pas utiliser de slogans comme ‘tuer ou être tuer’ », a-t-il répondu à une question d’un lycéen sur les règles « clémentes » d’engagement.

En novembre, deux filles palestiniennes avaient poignardé un homme arabe âgé dans le centre de Jérusalem avec une paire de ciseaux, après l’avoir confondu avec un juif. Les deux assaillantes avaient été abattues par un policier qui n’était pas en service. L’assaillante de 16 ans était morte sur les lieux et sa cousine de 14 ans avait été sévèrement blessée. Le policier avait ensuite été interrogé.

Une capture d'écran de la vidéo de sécurité de la scène, une jeune fille palestinienne (centre) se lance avec une paire de ciseaux lors d'un attentat à Jérusalem, le 23 novembre 2015 (Crédit : Capture d'écran Deuxième chaîne)

Une capture d’écran de la vidéo de sécurité de la scène, une jeune fille palestinienne (centre) se lance avec une paire de ciseaux lors d’un attentat à Jérusalem, le 23 novembre 2015 (Crédit : Capture d’écran Deuxième chaîne)

La Dixième chaîne a déclaré que les remarques d’Eizenkot avaient mises en colère des « officiers hauts gradés de la police de Jérusalem », qui les ont prises comme une attaque personnelle contre le policier qui avait tiré fatalement dans l’incident du marché.

Un nombre inquiétant d’assaillants sont de jeunes adolescents. Selon le quotidien israélien Yediot Aharonot, citant un document d’étude interne de l’armée et du Shin Bet, les services de sécurité intérieure israélien, 37 % d’entre eux avaient entre 16 et 20 ans. Certains étaient encore plus jeunes.

En octobre, Hassan Mansara, 15 ans, était abattu par les forces de sécurité après avoir poignardé et grièvement blessé deux écoliers israéliens à Jérusalem est.

Son complice et cousin Ahmed, 13 ans, avait été renversé par une voiture en prenant la fuite, hospitalisé puis inculpé de tentative de meurtre.

En décembre, la ministre suédoise des Affaires étrangères Margot Wallström avait appelé Israël à éviter des « exécutions extrajudiciaires » de Palestiniens, exigeant le mois suivant des enquêtes « approfondies » sur la mort de Palestiniens.

Eizenkot a également parlé de la menace faite mardi par le dirigeant du Hezbollah Hassan Nasrallah, selon laquelle son organisation pourrait cibler les réservoirs d’ammoniaque de Haïfa.

Eizenkot a déclaré qu’alors que le groupe terroriste libanais était l’organisation avec la capacité militaire la plus importante dans la région, Israël avait néanmoins réussi ces dix dernières années à le dissuader et à sécuriser la frontière nord avec le Liban. (Le chef d’Etat major était chef de la direction des opérations de l’armée pendant la deuxième guerre du Liban.)

Mardi, Nasrallah avait souligné que bien que son groupe ne cherche actuellement pas la guerre avec Israël, il pourrait vaincre l’Etat juif dans un futur conflit en ciblant les réservoirs d’ammoniaque de Haïfa, entraînant des pertes massives. Ecartant de récents rapports sur un possible éclatement des hostilités avec Israël, Nasrallah a déclaré que la dissuasion établie par le groupe terroriste pendant la première et la deuxième guerres du Liban éloignait l’agression israélienne.