Le chef d’Etat-major de l’armée israélienne Gadi Eizenkot a annulé la nomination du général Ofek Bouchris au commandement de la division des opérations de l’armée pendant une enquête en cours sur des accusations de viol contre l’officier, a annoncé jeudi l’armée.

Bouchris a été accusé d’au moins cinq charges de viols, ainsi que de sodomie et d’agression sexuelle, par deux soldates.

Lundi dernier, le général avait été suspendu de son poste pour deux semaines, mais Eizenkot a étendu cette suspension d’un mois alors que l’enquête continue, a déclaré jeudi un porte-parole de l’armée.

La décision d’annuler la nomination de Bouchris à la tête de la division des opérations, une position importante au sein de l’armée, a été prise en raison du fait que l’enquête sur l’affaire prendrai « non pas des jours, mais des mois, » a déclaré un porte-parole de l’armée.

« La décision n’est pas liée avec [le contenu de] l’enquête, qui est en cours, mais à la compréhension que la direction de la division des opérations est une position cruciale des opérations de l’armée israélienne et que l’enquête prendra du temps, » a déclaré l’officiel.

L’avocat fourni par l’armée israélienne à Bouchris, le colonel Asher Halperin, a déclaré qu’il comprenait et soutenait la décision d’Eizenkot, puisque des investigations comme celle-ci « par leur nature même, prennent du temps ».

Le chef d'Etat major de l'armée israélienne, Gadi Eizenkot, pendant une conférence en mémoire de l'ancien chef d'Etat major Amnon Lipkin-Shahak au centre interdisciplinaire d'Herzliya, le 9 février 2016. (Crédit : Adi Cohen Zedek/IDC Herzliya)

Le chef d’Etat major de l’armée israélienne, Gadi Eizenkot, pendant une conférence en mémoire de l’ancien chef d’Etat major Amnon Lipkin-Shahak au centre interdisciplinaire d’Herzliya, le 9 février 2016. (Crédit : Adi Cohen Zedek/IDC Herzliya)

« Comme le chef d’Etat-major l’a expliqué pendant sa conversation avec le général Bouchris, il était difficile d’attendre pour nommer un nouveau directeur de la division des opérations, un poste central et sensible, » a déclaré Halperin dans un communiqué.

« La décision du chef d’Etat-major ne provient que du problème de la durée attendue de l’enquête, » a déclaré Halperin.

Bouchris aurait dû remplacer ce mois-ci le général Aharon Haliva, mais Eizenkot doit à présent trouver un autre remplaçant.

Le poste est en général perçu comme un tremplin vers un poste plus important, puisque le général qui accomplit cette mission gère les plus importantes missions de l’armée et travaille étroitement avec le chef d’Etat-major. Et en effet, plusieurs généraux de l’Etat-major ont servi à ce poste, y compris Gabi Ashkenazi, comme l’ont fait beaucoup de généraux qui servent actuellement à l’Etat-major.

« Le chef d’Etat-major va à présent commencer le processus de nomination d’un nouveau dirigeant de la division des opérations, » a déclaré un porte-parole de l’armée israélienne.

Deux soldates qui ont servi au bureau de Bouchris quand il dirigeait la brigade Golani, entre 2010 et 2012, l’ont accusé de viol, de sodomie et d’agressions sexuelles.

Selon la loi israélienne, l’acte de sodomie constitue un acte de pénétration orale ou anale quand l’homme « emploie son autorité sur le lieu de travail ou pendant le service [national] ».

Selon la première accusatrice, dont le témoignage a lancé l’enquête, les actes ont été commis sur une longue période de temps. « Il n’y avait pas de romance ici, c’était de l’exploitation sexuelle », a déclaré l’avocat de la femme.

Le père de la femme qui a accusé le général Ofek Bouchris de viol, sodomie, et agression sexuelle, s'adresse aux journalistes, le 2 mars 2016. (Crédit : capture d'écran Ynet)

Le père de la femme qui a accusé le général Ofek Bouchris de viol, sodomie, et agression sexuelle, s’adresse aux journalistes, le 2 mars 2016. (Crédit : capture d’écran Ynet)

Le père de la première accusatrice s’était élevé contre Bouchris et l’ensemble de la hiérarchie militaire, en déclarant aux journalistes : « le système a échoué, y compris [en ce qui concerne] un officier décoré qui a commis le viol. C’est une honte qu’un commandant comme celui qui porte le béret [Golani], qui porte une kippa, ne prenne pas ses responsabilités ».

Le nom de Bouchris était initialement interdit à la publication, mais l’ordre de silence a été levé la semaine dernière.

Peu après que son nom ait été publié, la seconde femme s’est présentée et a accusé Bouchris d’agression sexuelle.

Bouchris a catégoriquement démenti les accusations contre lui et a déclaré qu’il n’y avait jamais eu de contact sexuel avec ces femmes.

« Le général Bouchris est convaincu que l’enquête se terminera en blanchissant son nom, pour qu’il puisse retourner à sa vie et à son important travail militaire, » a déclaré Halperin, son avocat, jeudi.

Pendant une audience spéciale au quartier général de l’armée à Tel Aviv mardi, son avocat a soumis deux tests polygraphiques pour soutenir son innocence, et demandé que l’identité de l’accusé reste sous ordre de silence. Le test au détecteur de mensonges indiquait qu’il disait la vérité, selon un reportage télévisé.

Certains officiels militaires et politiques ont défendu Bouchris, qui a été nommé à une citation pour courage pendant l’opération Rempart de 2012.

« Je sais que ce n’est pas populaire en ce moment de dire que j’espère qu’Ofek sera innocenté dans cette affaire », a écrit sur Facebook la députée Merav Ben Ari (Koulanou) cette semaine. Je pourrais être attaquée par des groupes féministes pour mon soutien, mais j’y ai pensé tout le week-end et je ne pouvais pas retenir mon opinion personnelle sur Ofek. »

Dans un poste Facebook, Ben Ari a déclaré qu’elle connaissait personnellement Buchris de son service militaire et qu’il avait toujours « agi respectueusement et modestement envers les femmes ».

Bouchris a déjà été interrogé nombre de fois par la police militaire de l’armée, et l’enquête va continuer, a déclaré le porte-parole de l’armée.