Le chef de l’association Hillel international a présenté mardi ses excuses à la vice-ministre des Affaires étrangères Tzipi Hotovely, trois jours après que la branche de Princeton de son organisation universitaire a annulé son discours à la dernière minute suite aux pressions exercées par un groupe progressiste juif.

Eric Fingerhut a exprimé ses regrets personnels concernant l’incident lorsque Hotovely a fait une allocution à l’université de New York, a fait savoir le bureau de la vice-ministre dans un communiqué.

« La vice-ministre Hotovely, qui croit en la coopération avec toutes les organisations juives d’Amérique, lui a expliqué que ce qui était arrivé à Princeton était inacceptable et qu’il ne devait pas y avoir un boycott interne contre les représentants israéliens », a annoncé le communiqué, se référant probablement au fait que l’invitation de Hotovely a été annulée par une organisation juive.

Pour sa part, l’Alliance des progressistes juifs de Princeton (AJP) — le groupe ayant fait pression sur Hillel pour obtenir l’annulation de la conférence de Hotovely – s’est défendu d’avoir voulu étouffer la liberté d’expression sur le campus. Le groupe a indiqué dans un communiqué qu’il avait agi ainsi par frustration, face au fait que de nombreux intervenants de gauche qu’il souhaiterait voir invités par Hillel – connu comme le centre pour la vie juive (CJL) – à Princeton sont systématiquement écartés pour des raisons politiques.

« Nous reconnaissons que la réduction au silence des voix de l’opposition de la gauche et de la droite est un problème réel et frustrant sur les campus des établissements d’enseignement supérieur. Mais nous voulons établir clairement que cela n’était pas – et que cela n’a jamais été – notre dessein ».

Au cours des trois dernières années, le centre Hillel de Princeton a refusé de parrainer des événements de l’Alliance des Juifs progressistes faisant monter à la tribune des intervenants de gauche, notamment des membres du groupe controversé Breaking the Silence, a accusé le communiqué. Mais Hillel « a initialement choisi de ne pas appliquer le même niveau d’examen lors de la visite de la législatrice Tzipi Hotovely, et c’est cela qui s’est trouvé au centre de la protestation de l’AJP », a ajouté le communiqué.

« Nous sommes en désaccord avec cette politique et son potentiel de censure non-qualifiée et nous voulons souligner l’hypocrisie du CJL dans l’application de sa politique strictement à l’encontre d’intervenants de gauche. En attirant l’attention vers cette politique, ces derniers jours, nous avons voulu mettre en exergue ses échecs, et non pas augmenter la censure sur les campus ».

« Si le centre pour la vie juive affirme accueillir des intervenants offrant des voix et des opinions diverses, il doit soumettre tous les points de vue politique sur Israël au même degré d’examen », a indiqué la lettre. « Le CJL clame accueillir tous les étudiants sur le campus et déclare soutenir un dialogue ouvert sur Israël. Nous rejetons fermement le choix fait par le CJL d’accueillir une intervenante raciste comme Hotovely alors qu’il continue à réduire au silence les voix progressistes ».

Dans son communiqué de mardi, l’AJP dément avoir voulu censurer Hotovely ou faire annuler son discours mais avoir purement cherché à souligner « la réduction au silence systématique des voix de gauche dans les universités à travers une application irrégulière de sa politique ostensiblement neutre lorsqu’il s’agit d’Israël ».

Finalement, l’association Habad de Princeton a parrainé l’allocution de Hotovely à laquelle ont assisté la directrice de Hillel, le Rabbin Julie Roth, et des membres de l’AJP. « Nous avons écouté avec politesse alors que la députée Hotovely niait l’existence de l’histoire palestinienne et répétait des déclarations récentes selon lesquelles les Juifs réformés et conservateurs ont ‘vidé le judaïsme de sa substance », a noté le groupe.

« Nous avons apprécié cette opportunité donnée de s’engager dans un désaccord respectueux et dans une discussion vive avec la députée Hotovely et nous sommes impatients de continuer cette conversation à l’avenir ».

Le député Koulanou Michael Oren avait appelé à boycotter le centre Hillel de Princeton après l’annonce de l’annulation du discours de la vice-ministre des Affaires étrangères israélienne.