Un journal en langue arabe a rapporté mardi que le chef du Hamas avait rencontré un commandant iranien à la suite de la guerre d’Israël avec Gaza pendant l’été dernier, soulignant le resserrement des liens entre Téhéran et le groupe terroriste palestinien.

Selon le quotidien saoudien Al-Hayat, Khaled Meshaal et Qassem Soleimani, le commandant de la Force iranienne al-Qods se sont rencontrés en Turquie à la fin du mois d’août, quelques jours après le conflit.

L’Iran et le Hamas ont été en désaccord en raison de l’absence de soutien de Meshaal au régime syrien de Bashar el-Assad, l’un des principaux protégés de l’Iran, bien que Téhéran ait équipé les combattants du Hamas en armes et en savoir-faire pour les missiles utilisés contre Israël.

D’après l’article qui a été repris sur le site israélien d’information Ynet, Meshaal n’a été autorisé à rencontrer Soleimani, un puisant chef militaire qui est censé avoir dirigé les opérations iraniennes à l’étranger, qu’après avoir reçu le feu vert du Hamas.

Bien que les relations entre les deux parties se soient détériorées à cause de la guerre civile syrienne et de désaccords sur un certain nombre de questions, elles se sont améliorées de façon spectaculaire.

Cependant Soleimani a longtemps défendu le parti islamique au sein des cercles politiques iraniens, encourageant Téhéran à faire fi de la position du Hamas sur la guerre civile syrienne qui a fragmenté la majeure partie du monde musulman.

Les deux parties ont discuté de la reprise de l’aide financière et militaire de l’Iran et de la possibilité que Mashaal visite le pays, mais le chef du Hamas a conditionné sa visite au fait d’être reçu par le guide suprême, l’ayatollah Khamenei.

Soleimani, une personnalité de l’ombre – mais puissante – est supposé être celui qui dirige les efforts de l’Iran en Syrie et en Irak. Il est récemment apparu en public en rencontrant le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah après l’élimination d’un certain nombre d’agents iraniens et du Hezbollah près de la frontière d’Israël. Il a aussi tenu une conférence de presse sur la guerre contre l’État islamique.

La Force al-Quds est une branche des forces spéciales au sein de l’armée iranienne qui se spécialise dans les opérations à l’étranger. L’unité qui compte 15 000 personnes est actuellement connue pour son implication dans les opérations contre les combattants de l’État islamique en Irak et en Syrie.

Après la rencontre, une délégation du Hamas s’est rendue à Téhéran et a discuté avec les délégués du régime d’un large éventail de questions, y compris l’état de la bande de Gaza, de la réception des fonds de reconstruction et de la possibilité pour le Hamas d’ouvrir un bureau dans une zone contrôlée par le Hezbollah à Beyrouth – une demande qui a été rejetée par Téhéran, selon l’article.

La délégation a exprimé sa crainte devant l’influence croissante de l’État islamique dans la bande de Gaza. L’Iran a affirmé qu’il voulait être davantage perçu comme bailleur de fonds de la résistance palestinienne et a promis de continuer à soutenir le Hamas.

Des responsables israéliens de la sécurité ont récemment déclaré au Times of Israel que les services de renseignement du pays suivaient de près les relations entre les deux entités et que Téhéran fournissait secrètement des armes au groupe islamiste.

« Ce n’est pas la même quantité de fonds que ceux que donne le Qatar, mais elle est assez importante », a déclaré une source.

Après l’interception d’un drone près d’un site nucléaire iranien en août, Téhéran a affirmé qu’il allait commencer à armer les militants palestiniens en Cisjordanie à titre de vengeance.

Les responsables du régime se sont vantés, à diverses reprises, de ce que des armes et de la technologie iraniennes avaient joué un rôle pendant le conflit de l’été dernier.