Le chef du Hezbollah libanais, ennemi juré d’Israël, a appelé vendredi les pays arabes et musulmans à armer la « résistance » palestinienne à Gaza et s’est dit prêt à lui apporter son soutien total.

Hassan Nasrallah a appelé « les gouvernements arabes et islamiques à (…) apporter leur soutien politique, moral, médiatique et en matière d’armement, chacun selon ses capacités ».

Il s’exprimait à l’occasion de « la Journée de Jérusalem », consacrée cette année à la solidarité avec la bande de Gaza, où plus de 800 personnes en majorité civiles sont mortes depuis le début le 8 juillet de l’offensive israélienne sur l’enclave palestinienne – selon les chiffres des secours palestiniens de Gaza, contrôlée par le Hamas.

« Nous au Hezbollah étions et nous resterons toujours aux côtés du peuple, aux côtés de toutes les composantes de la Résistance palestinienne sans exception », a lancé Hassan Nasrallah, dont le puissant parti armé a combattu Israël lors d’une guerre destructrice en 2006.

« Nous vous offrirons sans compter toute forme de soutien, dans la limite de notre capacité (…) votre victoire est la nôtre, votre défaite est la nôtre », a-t-il clamé.

« Nous disons à nos frères à Gaza: nous sommes avec vous (…) quant aux sionistes, nous leur disons qu’à Gaza, vous êtes face à un échec, n’allez donc pas au suicide ».

« Gaza qui fait ses adieux à ses martyrs, Gaza qui lutte est aujourd’hui victorieuse (…) au 18e jour, les sionistes n’ont pas réussi à réaliser un seul des objectifs de l’agression », a-t-il martelé.

Il s’agit de la cinquième apparition en public de Hassan Nasrallah, qui se cache depuis la guerre de 2006, au terme de laquelle Israël n’est pas parvenu à neutraliser la formation chiite libanaise.

Nasrallah se tenait sur une tribune derrière un rideau qui s’est ensuite ouvert sous les acclamations de milliers de partisans rassemblés dans une salle, dans la banlieue sud de Beyrouth, fief du parti chiite.

La Journée de Jérusalem, célébrée le dernier vendredi du ramadan, le mois sacré musulman, est commémorée cette année par le Hezbollah sous le slogan de la « solidarité avec le peuple et la Résistance à Gaza ».

« La Palestine restera la cause centrale » pour le monde arabo-musulmane, a souligné Hassan Nasrallah, dont la formation combat les rebelles de Syrie aux côtés de l’armée de Bachar al-Assad.

Il a appelé au soutien de la cause de Gaza « quelles que soient les divergences » avec le Hamas sur le conflit syrien.

Tout au long de cette guerre qui dure depuis trois ans, le Hamas a été écartelé entre l’axe Syrie-Hezbollah-Iran, son protecteur pendant de nombreuses années, et l’alliance de puissances régionales sunnites qui soutiennent la rébellion syrienne contre Bachar al-Assad.

Le Hamas avait même appelé en 2013 le Hezbollah à retirer ses forces de Syrie et à se concentrer sur la lutte contre Israël.

La « Journée de Jérusalem » a été instaurée en Iran après la révolution islamique de 1979.

Téhéran est le parrain politique et militaire du Hezbollah qui, depuis sa création à l’initiative des Gardiens de la Révolution iraniens en 1982 à la suite de l’invasion israélienne du Liban, prône la lutte armée contre l’Etat hébreu.