LOS ANGELES – Bien que de nombreux nominés au Golden Globes soient repartis les mains vides, les quelques acteurs et réalisateurs d’ascendance juive, et un jeune metteur en scène que l’on pourrait qualifier de « juif honoraire », ont gravi les marches du podium.

Le talent musical de Justin Hurwitz a grandement contribué au succès du film « La La Land », qui a remporté 7 récompenses dans la catégorie film ou comédie musical lors de la cérémonie de dimanche soir. Il a remporté un Golden Globes pour sa bande originale, « City of Stars ».

Hurwitz a 31 ans, tout comme Damien Chazelle, le réalisateur du film. Ils partageaient une chambre à Harvard. Chazelle, qui a remporté le Golden Globe du meilleur réalisateur et meilleur scénariste de « La La Land », a été élevé par des parents catholiques.

Mais Chazelle a confié au Jewish Journal of Greater Los Angeles l’an dernier que ses parents, insatisfaits de l’enseignement du catéchisme qu’il fréquentait, l’ont inscrit dans l’école juive d’une synagogue libérale.

Le compositeur Justin Hurwitz après les Golden Globe à Beverly Hills, Californie, le 8 janvier 2017.  (Crédit : Frederick M. Brown/Getty Images)

Le compositeur Justin Hurwitz après les Golden Globe à Beverly Hills, Californie, le 8 janvier 2017. (Crédit : Frederick M. Brown/Getty Images)

Chazelle se souvient que pendant les quatre années qui ont suivi, il était « dans une phase où je m’intéressais à l’hébreu, et à l’Ancien Testament, puis je suis allé en Israël avec ma classe, en 6e. Je pense qu’ils ne savaient même pas que je n’étais pas juif. »

L’acteur anglais Aaron Taylor-Johnson est reparti avec le Golden Globe du meilleur acteur dans un second rôle pour sa performance dans « Nocturnal Animals ». Dans ce thriller, Taylor-Johnson interprète le chef d’un gang de criminels brutaux.

Aaron Taylor-Johnson à Hollywood, le 12 novembre 2016. (Crédit : Frederick M. Brown/Getty Images/JTA)

Aaron Taylor-Johnson à Hollywood, le 12 novembre 2016. (Crédit : Frederick M. Brown/Getty Images/JTA)

La star française Isabelle Huppert a remporté le Golden Globe de la meilleur actrice pour son rôle dans « Elle », qui a également été récompensé du Golden Globe du meilleur film étranger.

Huppert joue une femme d’affaires qui élabore une revanche contre le cambrioleur qui l’a violée. Son père est juif, sa mère catholique. Ses parents se sont mariés en France pendant l’occupation nazie, quand son père cachait ses origines juives.

Isabelle Huppert, lauréate du Golden Globes de la meilleure actrice pour son rôle dans "Elle", du réalisateur Paul Verhoeven, à gauche, qui a remporté le Golden Globe du meilleur film en langue étrangère, à Beverly Hills, le 8 janvier 2017. (Crédit : Kevin Winter/Getty Images/AFP)

Isabelle Huppert, lauréate du Golden Globes de la meilleure actrice pour son rôle dans « Elle », du réalisateur Paul Verhoeven, à gauche, qui a remporté le Golden Globe du meilleur film en langue étrangère, à Beverly Hills, le 8 janvier 2017. (Crédit : Kevin Winter/Getty Images/AFP)

Tracee Ellis Ross a remporté le Golden Globe de la meilleure actrice dans une série télévisée comique ou musicale pour son interprétation d’un médecin anesthésiste métisse dans la sitcom « Black-ish », qui retrace la vie d’une famille afro-américaine de la classe moyenne chic. Elle est la fille du producteur de musique juif Robert Ellis Silberstein et de la chanteuse Diana Ross.

L'actrice Tracee Ellis Ross aux Golden Globe Awards, à Beverly Hills, en Californie, le 8 janvier 2017. (Crédit : Charley Gallay/Getty Images for FIJI Water)

L’actrice Tracee Ellis Ross aux Golden Globe Awards, à Beverly Hills, en Californie, le 8 janvier 2017. (Crédit : Charley Gallay/Getty Images for FIJI Water)

Lors de la cérémonie, une projection spéciale a rendu hommage à Carrie Fisher et à sa mère Debbie Reynolds, décédées le mois dernier à deux jours d’intervalle.

Debbie Reynolds, à droite, avec sa fille Carrie Fisher, à Los Angeles, le 24 janvier 2015. (Crédit : Ethan Miller/Getty Images/AFP)

Debbie Reynolds, à droite, avec sa fille Carrie Fisher, à Los Angeles, le 24 janvier 2015. (Crédit : Ethan Miller/Getty Images/AFP)

Le président américain élu Donald Trump a été la cible de nombreuses joutes et condamnations, bien que son nom n’ait jamais été prononcé. Meryl Streep, qui a reçu le Cecil B. DeMille Award pour sa contribution exceptionnelle au secteur du divertissement, s’est montrée la plus explicite.

Streep a condamné Trump, qui s’était moqué d’une journaliste handicapée du New York Times, et après avoir demandé au public de soutenir la Commission de soutien aux journalistes, elle a conclu sur une sévère mise en garde.

Meryl Streep après la 74ème cérémonie des Golden Globe, à Beverly Hills, en Californie, le 8 janvier 2017. (Crédit : Alberto E. Rodriguez/Getty Images/AFP)

Meryl Streep après la 74ème cérémonie des Golden Globe, à Beverly Hills, en Californie, le 8 janvier 2017. (Crédit : Alberto E. Rodriguez/Getty Images/AFP)

« L’irrespect invite à l’irrespect, la violence incite la violence, a-t-elle proclamé. Et quand les puissants abusent de leur position pour attaquer les autres, nous sommes tous perdants. »

Trump a immédiatement réagi en déclarant au New York Times que ces propos n’auraient aucun impact sur la cérémonie d’investiture imminente.

« Nous allons avoir une affluence incroyable, peut-être même inédite lors de l’investiture, et il y aura de nombreuses stars du cinéma et du divertissement, a déclaré Trump. Toutes les boutiques sont dévalisées à Washington. C’est très dur de trouver une belle robe pour cette inauguration. »

Streep avait dit que la presse étrangère d’Hollywood [organisatrice des Golden Globes] et tous ceux qui se trouvaient dans cette salle « appartiennent aux catégories les plus vilipendées de la société américaine d’aujourd’hui. »

« Mais qui sommes-nous, et qu’est-ce que Hollywood, en fait ? C’est juste une bande de gens venus d’ailleurs », a-t-elle déclamé, nommant plusieurs célébrités en citant leur lieu de naissance et l’endroit où ils ont grandi, dont Natalie Portman, née à Jérusalem.