Le chef de cabinet du Premier ministre Benjamin Netanyahu aurait informé dimanche les ministres du Likud qu’un accord de compromis trouvé entre le gouvernement et les habitants de l’avant-poste illégal d’Amona en Cisjordanie serait finalement impossible à mettre en œuvre.

La Haute cour de justice a répété à de multiples reprises qu’Amona avait été construit sur des terrains privés palestiniens et, dans un jugement final de 2014, avait ordonné l’évacuation et la démolition par le gouvernement de cette communauté située au sommet d’une colline et ce, avant la date du 25 décembre 2016.

Mais après avoir passé un accord avec les résidents d’Amona, et sous l’effet des pressions féroces exercées par les habitants de l’avant-poste et les partisans des implantations à la Knesset, le gouvernement avait obtenu un prolongement supplémentaire de 45 jours à partir de cette date – jusqu’au début du mois de février – auprès du tribunal.

Sous les termes de l’accord passé, il était prévu que 24 des 41 familles habitant l’avant-poste se réinstalleraient sur des parcelles de terre adjacentes, sur la même colline, tandis que les autres habitants rejoindraient pour leur part l’implantation voisine d’Ofra.

Le chef de cabinet de Netanyahu, Yoav Horovitz, a fait savoir que les terres adjacentes ne pourraient être utilisées, un propriétaire palestinien en revendiquant la propriété, selon des informations publiées dimanche par des médias israéliens.

« Actuellement, il n’y aucune possibilité pour les habitants restants de rester sur la colline parce que le plan a rencontré l’opposition du propriétaire absent de ces parcelles », a expliqué Horovitz.

Mariam Hammad, une femme palestinienne de Silouad, proche d'Amona, désigne une parcelle de terre qui appartenait selon elle à sa famille, mais qui a été saisie par les Israéliens pour construire l'avant-poste d'Amona, en Cisjordanie, en  novembre 2016.  (Crédit : Raphael Ahren/Times of Israel)

Mariam Hammad, une femme palestinienne de Silouad, proche d’Amona, désigne une parcelle de terre qui appartenait selon elle à sa famille, mais qui a été saisie par les Israéliens pour construire l’avant-poste d’Amona, en Cisjordanie, en novembre 2016. (Crédit : Raphael Ahren/Times of Israel)

Il a indiqué qu’à la place, les habitants d’Amona auraient de nouveaux choix : la construction d’une nouvelle implantation dans le secteur ou la relocalisation de la communauté entière à Ofra.

Au début du mois, Horovitz aurait réprimandé les résidents d’Amona incapables, selon lui, d’apprécier à leur juste mesure les efforts livrés par le Premier ministre à leur égard.

« Nous travaillons jour et nuit. Le Premier ministre consacre 60 % de son temps à la question d’Amona. Ce problème occupent la majorité de son temps et de celui de son cabinet », avait déclaré Horovitz le 8 janvier, cité par le site d’information Ynet.

« Vous devriez baisser la tête devant Netanyahu pour avoir sauvé l’implantation », avait-il ajouté.

Selon la Dixième chaîne, les habitants de l’implantation ont rejeté la contre-offre faite par le gouvernement, disant que la possibilité de rester sur cette colline disputée était au cœur de l’accord qu’ils ont signé.

Le chef de la campagne qui avait été menée contre la démolition de l’avant-poste a écrit dimanche sur Twitter que les habitants d’Amona reprendraient maintenant leur mouvement de protestation contre le gouvernement.

Des juifs priant tôt le matin sur la colline surplombant Ofra, dans l'avant-poste d'Amona en Cisjordanie, le 18 décembre 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Des juifs priant tôt le matin sur la colline surplombant Ofra, dans l’avant-poste d’Amona en Cisjordanie, le 18 décembre 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

« Seule la loi de régulation avec une application rétroactive peut sauver les habitants d’Amona et empêcher l’éradication d’une communauté entière », a déclaré Avichay Boaron, se référant à un projet de loi visant la légalisation des implantations en Cisjordanie qui a été voté en première lecture mais qui a ensuite été mis de côté. Mais ne s’applique pas à Amona.

« Malheureusement, vous ne nous laissez pas d’autre choix que celui de reprendre notre combat », a-t-il écrit.

La semaine dernière, les habitants d’Amona ont accusé le gouvernement de traîner des pieds pour faire appliquer l’accord, et averti qu’ils ne permettraient pas au gouvernement de leur faire quitter leurs habitations si ce dernier négligeait ses promesses et ses engagements contractuels.