Des centaines de personnes originaires d’Iran et du monde entier ont présenté leurs œuvres pour le « concours de la bande dessinée de l’Holocauste », a annoncé un responsable du concours lundi.

Masud Shojaei-Tabatabaii déclaré à l’agence de presse semi-officielle iranien Fars que 839 œuvres avaient été présentées au deuxième concours international de bandes dessinées sur l’Holocauste, une répétition cynique du concours de 2006 qui prend à la légère le meurtre de six millions de Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale.

Les organisateurs du concours expliquent que celui-ci est conçu pour mettre en évidence le deux poids deux mesures qui existerait dans le monde occidental qui autorise les caricatures du prophète musulman Mahomet, dont la représentation est taboue dans l’islam.

Les travaux visent aussi à se demander pourquoi les Palestiniens sont « opprimés en compensation » de l’Holocauste et mettent en garde contre d’autres holocaustes, y compris dans la bande de Gaza, lit-on sur le site Web du concours.

Une section du concours de caricatures porte sur le « thème » du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu comparé à Adolf Hitler.

Shojaei-Tabatabaii affirme que 312 artistes ont présenté des œuvres pour le concours, dont 104 viennent d’Iran et 208 d’une poignée d’autres pays, dont la France, la Turquie et le Brésil.

Le concours a été annoncé en janvier en réponse au soutien international qu’a provoqué l’attaque contre les bureaux du magazine satirique Charlie Hebdo par des islamistes qui se seraient sentis insultés par la représentation de Mahomet dans cette hebdomadaire.

Israël a demandé à l’ONU de condamner le concours, en expliquant que ce concours contribue à créer un climat d’antisémitisme.

« Le concours légitime la négation de l’Holocauste et encourage ceux qui nient la Shoah à poursuivre leur incitation [à le nier] », a écrit en janvier l’ambassadeur israélien à l’ONU, Ron Prosor.

Ron Prosor, émissaire israélien à l'ONU, lors d'un discours au Conseil de Sécurité, le 22 octobre 2013 au siège des Nations unies à New York (Crédit : Nations unies)

Ron Prosor, émissaire israélien à l’ONU, lors d’un discours au Conseil de sécurité, le 22 octobre 2013, au siège des Nations unies à New York (Crédit : Nations unies)

La dirigeante de l’UNESCO, Irina Bokova, s’est prononcée plus tard contre le concours, a rapporté le Congrès juif mondial.

La date limite pour s’inscrire au concours était le 1er avril. Le gagnant recevra 12 000 dollars en espèce. Ceux qui obtiendront la deuxième et la troisième place remporteront respectivement 8 000 et 5 000 dollars.

Les meilleures œuvres de la compétition seront exposées au Musée d’art contemporain de la Palestine à Téhéran et dans de nombreux autres hauts lieux de la capitale iranienne.

Ce concours est la deuxième version d’un concours de caricatures sur l’Holocauste qui avait été organisé en 2006 après que le journal danois Jyllands-Postens avait publié les caricatures de Mahomet.

Le gagnant du concours précédent, Abdellah Derkaoui, citoyen marocain, avait dessiné une grue israélienne en train d’ériger un mur autour du Mont du Temple. Le camp de concentration d’Auschwitz-Birkenau était dessiné sur le mur.

Ce concours avait été condamné par le Département d’Etat américain, ainsi que par le secrétaire général des Nations unies de l’époque, Kofi Annan, les représentants d’Israël et l’Anti-Defamation League.

L’Iran a déjà organisé dans le passé un certain nombre d’événements remettant en cause la Shoah, y compris une conférence destinée à prouver que la Shoah est exagérée.