La Chambre des Représentants des Etats-Unis a condamné jeudi à une large majorité la résolution 2334 sur la construction des implantations israéliennes votée en décembre au Conseil de sécurité de l’ONU.

Le Congrès prend régulièrement la défense d’Israël, notamment en votant des aides militaires et financières généreuses. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait été invité au Capitole pour un discours en 2015 par la majorité républicaine.

La résolution parlementaire, à forte valeur symbolique mais qui n’a pas force de loi, a été adoptée par 342 voix contre 80. Le vote républicain a été quasiment unanime et une majorité du camp démocrate a également voté pour.

La résolution parlementaire 11 du Congrès stipule que la résolution 2334 de l’ONU est un effort « unilatéral » qui constitue un obstacle à la paix, en plaçant le blâme de façon disproportionnée sur Israël quant à la poursuite du conflit et en n’encourageant pas les Palestiniens à s’engager dans des négociations directes et bilatérales.

Elle appelle au retrait de la résolution 2334 du Conseil de sécurité de l’ONU qui réclame l’arrêt de la construction d’implantations israéliennes dans les Territoires palestiniens, qui n’ont selon le texte de l’ONU, « aucune valeur juridique et constituent une violation flagrante en vertu du droit international ».

Elle demande également à tous les États « de distinguer, dans leurs relations respectives, entre le territoire de l’État d’Israël et les territoires occupés depuis 1967 ». L’utilisation de cette forme de langage fait craindre à Israël une multiplication des efforts de boycott et de sanctions.

« Le gouvernement américain doit s’opposer et mettre son veto à toute autre résolution du Conseil de sécurité des Nations unies qui chercherait à imposer des solutions aux questions de statut final, ou qui serait unilatérale et anti-Israël », insiste le texte parlementaire.

La résolution onusienne, adoptée le 23 décembre, avait pu être adoptée suite à l’abstention des Etats-Unis, sur ordre de Barack Obama.

« Ce gouvernement a abandonné notre allié Israël, quand il avait le plus besoin de nous », a lancé à la tribune Paul Ryan, président de la Chambre. Ryan s’est dit « stupéfait » par la décision d’Obama de laisser passer la résolution.

Le représentant démocrate Ted Deutch de Floride a rejeté de son côté la résolution 2334 en précisant qu’elle « caractérise les Juifs priant au mur Occidental comme violant le droit international tout en ignorant l’incitation à la violence et les paiements aux familles des terroristes ».

Ed Royce, homme politique américain membre du Parti républicain, représentant pour la Californie.(Crédit : Wikipedia Commons)

Ed Royce, homme politique américain membre du Parti républicain, représentant pour la Californie.(Crédit : Wikipedia Commons)

Présentée par le représentant de la Californie Ed Royce (R) et le représentant de New York Elliot Engel (D), les deux premiers membres de la commission des Affaires étrangères de la Chambre des Représentants, la résolution du Congrès a été coparrainée par 105 autres membres de la Chambre, dont 31 démocrates.

Utilisant le même langage qui est inclus dans une résolution complémentaire présentée au Sénat mercredi, la résolution de la Chambre des représentants a appelé à ce que la résolution du Conseil de sécurité soit « abrogée ou fondamentalement modifiée ».

Le texte de la Chambre affirme que sa condamnation du vote de l’ONU démontre le soutien de longue date des États-Unis à une solution à deux États, soit un « Etat juif et démocratique d’Israël et un État palestinien démilitarisé et démocratique vivant en paix et en sécurité ».

L’ambassadeur d’Israël auprès des Nations unies, Danny Danon, s’est félicité du vote à la Chambre des représentants de la résolution qui s’oppose à la résolution 2334 du Conseil de sécurité des Nations unies.

L'ambassadeur israélien à l'ONU Danny Danon lors d'une conférence anti-BDS au siège des Nations Unies à New York, le 17 novembre 2016. (Crédit : Harel Rintzler)

L’ambassadeur israélien à l’ONU Danny Danon lors d’une conférence anti-BDS au siège des Nations Unies à New York, le 17 novembre 2016. (Crédit : Harel Rintzler)

« La résolution d’aujourd’hui est un témoignage du soutien bipartisan envers l’Etat d’Israël aux Etats-Unis. Les dirigeants des deux parties ont prouvé une fois de plus que l’alliance entre les Etats-Unis et Israël reposait non seulement sur des intérêts partagés mais aussi sur des valeurs partagées », s’est réjoui Danon.

« Cette relation spéciale a surmonté l’épreuve du temps et je ne doute pas qu’elle continuera à être renforcée à l’avenir. Je suis impatient de travailler avec la nouvelle administration américaine pour mettre fin au parti pris contre Israël à l’ONU et ouvrir une nouvelle ère de la responsabilité au parlement des nations », a conclu l’ambassadeur.

Le puissant groupe pro-israélien AIPAC a également salué la résolution du Congrès, qui avait récemment encouragé ses membres à exhorter leurs représentants à la soutenir.

La perspective du vote avait déclenché un féroce débat à la Chambre des représentants tout au long de la journée. Le représentant de l’Illinois, Luis Guitierez, s’est opposé à la résolution 11 de la Chambre des représentants, disant que l’Amérique se prépare à inaugurer un « homme fort » à la présidence et qu’il était en train d’acquiescer auprès de l’« homme fort » du gouvernement d’Israël.

D’autres députés ont aussi exprimé leur soutien ferme à la contestation du vote de l’ONU.

Paul Ryan après avoir été présenté comme candidat à la vice-présidence des Etats-Unis sur le ticket républicain de Mitt Romney pour l'élection présidentielle 2012, le 11 août 2012. (Crédit : CC BY 2.0, Tony Alter - Flickr: Congressman Paul Ryan (R,Wisconsin), via WikiCommons)

Paul Ryan après avoir été présenté comme candidat à la vice-présidence des Etats-Unis sur le ticket républicain de Mitt Romney pour l’élection présidentielle 2012, le 11 août 2012. (Crédit : CC BY 2.0, Tony Alter – Flickr: Congressman Paul Ryan (R,Wisconsin), via WikiCommons)

La mesure sera vraisemblablement suivie d’une résolution similaire au Sénat.

Le sénateur de la Caroline du Sud, Lindsey Graham, avait déclaré qu’il introduirait une initiative similaire au Sénat en décembre.

Le sénateur du Texas, Ted Cruz, s’est exprimé jeudi au Sénat en faveur d’un texte.

L'ambassadrice des Etats-Unis aux Nations unies, Samantha Power devant le Conseil de sécurité après s'être abstenu sur une résolution anti-implantations, le 23 décembre 2016. (Crédit : capture d'écran Nations unies)

L’ambassadrice des Etats-Unis aux Nations unies, Samantha Power devant le Conseil de sécurité après s’être abstenu sur une résolution anti-implantations, le 23 décembre 2016. (Crédit : capture d’écran Nations unies)