L’invitation de Netanyahu, un honneur réservé aux proches alliés des Etats-Unis, s’assimile à un geste de défiance envers le président Barack Obama, actuellement en conflit avec le Congrès sur le dossier du nucléaire iranien.

Le Premier ministre israélien est aussi en pleine campagne électorale pour les élections législatives du 17 mars.

« Le Premier ministre Netanyahu est un grand ami de notre pays, et cette invitation est la marque de notre engagement sans faille en faveur de la sécurité et du bien-être de son peuple », a déclaré John Boehner dans un communiqué.

« Face aux défis actuels, je demande au Premier ministre de s’exprimer devant le Congrès sur les graves menaces que l’islam radical et l’Iran représentent pour notre sécurité et notre mode de vie », poursuit le républicain.

« Les Américains et les Israéliens ont toujours été solidaires dans des causes et idéaux partagés, et nous devons nous montrer à nouveau à la hauteur ».

La Maison Blanche a estimé mercredi que le discours annoncé du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu devant le Congrès américain début février, dont elle n’a pas été informée par Israël, constituait un écart par rapport au protocole.

« Le protocole classique est que le dirigeant d’un pays prenne contact avec le dirigeant du pays dans lequel il se rend (…) cet événement semble être un écart au protocole », a déclaré Josh Earnest, porte-parole de l’exécutif américain. « Les Israéliens ne nous ont pas informé du tout de ce voyage », a-t-il ajouté.

Un discours devant les deux chambres du Congrès réunies en session conjointe est un honneur rare, mais le discours serait le troisième de Netanyahu, déjà venu en 1996 et 2011.

De nombreux élus du Congrès poussent actuellement pour l’adoption d’une loi qui imposerait des sanctions nouvelles contre l’Iran en cas d’échec des négociations internationales actuellement en cours avec les grandes puissances, afin de faire pression sur Téhéran.

Mais le président américain entend garder la main sur les négociations sans interférence du Congrès, et a menacé de son veto toute législation relative à des sanctions contre l’Iran.