Le commissaire aux droits de l’Homme du Conseil de l’Europe, Nils Muiznieks, a exhorté la France à agir contre la hausse des actes haineux et racistes et à mieux accueillir les demandeurs d’asile, notamment les réfugiés syriens, dans un rapport publié mardi.

Il est « urgent » pour la France de « mieux contrer d’une manière soutenue et systématique » les discours et actes haineux et racistes en France, selon le texte.

Il s’alarme que ces discours et actes « non seulement persistent mais sont en hausse » en France, « malgré des avancées législatives et des mesures visant à lutter contre l’intolérance et le racisme ».

Le rapport pointe le « sentiment d’insécurité » des Juifs, dont l’émigration vers Israël a plus que triplé entre 2012 et 2014, et relève que le nombre croissant d’actes anti-musulmans et de faits homophobes « est également très inquiétant ».

Selon le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), le nombre des actes antisémites a doublé en 2014 par rapport à 2013 en France.

L’Observatoire national contre l’islamophobie a de son côté fait état d’une forte hausse des actes anti-musulmans depuis les attentats de janvier en France.

L’accueil des demandeurs d’asile en France est l’objet d' »insuffisances graves et chroniques », souligne aussi ce rapport. Et les règles en matière d’asile et d’immigration en vigueur « posent de sérieuses questions de compatibilité avec les engagements internationaux de la France ».

Le commissaire aux droits de l’Homme appelle les autorités françaises non seulement « à maintenir leur engagement d’accueillir 500 réfugiés syriens » en 2015, mais les « exhorte à en accueillir davantage et à lever tous les obstacles » qui « compromettent » leur accès à l’asile.

Le commissaire invite aussi les autorités à « améliorer les conditions de vie des migrants à Calais (nord) et à mieux les protéger de violentes attaques xénophobes ».

Parmi les défaillances du système d’immigration français, le rapport relève « l’accueil et la prise en charge des mineurs isolés étrangers », dont « entre 7 000 et 12 000 vivent en France ».

Le commissaire aux droits de l’Homme souligne aussi « l’urgence » de garantir aux Roms, « ciblés et stigmatisés par certains discours de haine », l’accès aux soins de santé, à l’éducation, au logement et à l’emploi.