Une organisation qui représente 560 millions de chrétiens dans plus de 100 pays a appelé le gouvernement israélien mercredi à suspendre le projet de loi destiné à limiter le droit des églises à acheter, vendre et céder leurs propres terres, parce qu’ils souhaitent intervenir dans des transactions très controversées, à Jérusalem Est, qui font actuellement l’objet d’un appel à la Cour suprême.

Après une réunion avec le patriarche grec-orthodoxe Théophile III à Amman, le comité exécutif du Conseil œcuménique des Églises a diffusé un communiqué indiqué qu’il avait « entendu avec inquiétude de la bouche des chefs des Eglises les menaces qui pèsent sur les institutions et les biens ecclésiastiques de Jérusalem à la suite d’une combinaison de contrats de légalité contestée, des efforts des groupes de colons radicaux et des politiques du gouvernement israélien ».

Le communiqué a prévenu qu’il ne fallait pas octroyer à Israël « l’autorité d’outrepasser les droits de propriétés/des propriétaires ecclésiastes », parce que cela « mettrait en péril la viabilité à long-terme de l’église et de la communauté chrétienne, en plus de provoquer de sévères réactions politiques dans des contextes locaux ».

Le communiqué a également manifesté « la solidarité et le soutien aux initiatives pour maintenir la propriété et le contrôles de biens immobiliers de Jérusalem, notamment les propriétés qui font actuellement l’objet de controverse, dans le quartier de la porte de Jaffa, pour la survie de la présence chrétienne dans la région ».

« Le comité exécutif appelle le gouvernement israélien à mettre fin à ce type d’initiatives qui pourraient contrarier cette importante fondation pour les relations inter-communales dans la ville et dans la région », poursuit le communiqué.

Le patriarcat grec orthodoxe a été fait l’objet de vives critiques de la part des Israéliens et des Palestiniens, depuis des révélations en juillet, selon lesquelles le patriarcat aurait vendu des terrains à des sociétés anonymes à l’étranger.

Le patriarche grec orthodoxe Théophile III, durant une conférence de presse portant sur la vente des terres de l’église, le 2 novembre 2017 (Capture d’écran : YouTube/The Tablet international Catholic weekly)

Le patriarcat s’est lancé dans une tournée internationale sans précédent, avec le soutien des Églises de Terre Sainte, pour lutter contre deux initiatives précises.

La première est un projet de loi soumis par la députée Rachel Azaria (Koulanou) visant à autoriser le gouvernement à confisquer ces terres et à indemniser les acheteurs.

La deuxième concerne une série de transactions immobilières controversées conclues avant que Théophile III ne devienne patriarche, entre l’église grecque orthodoxe et un groupe de droite israélien, Ateret Cohanim, qui achète des biens dans le but d’y installer des Juifs, dans la Vieille Ville de Jérusalem. Parmi les biens achetés par le groupe israélien, on retrouve deux hôtels situés juste après la porte de Jaffa, au cœur du quartier chrétien.

Cette transaction avait excédé les Palestiniens ; qui espèrent qu’un jour, Jérusalem Est sera la capitale d’un futur état palestinien dans le cadre d’un accord de paix ; au point que le prédécesseur de Théophile a été limogé.

Théophile a fait appel à la Cour suprême, contre une décision de justice qui a maintenu ces transactions. Il a affirmé que les transactions étaient frauduleuses, et devaient donc été annulées.

Le Conseil œcuménique des Églises est une association de 349 églises orthodoxes, protestantes et anglicanes qui travaille en étroite collaboration avec l’Église catholique romaine, et coopère de plus en plus avec l’ Alliance évangélique mondiale et la Conférence mondiale des mouvements de Pentecôte.