Le consulat américain à Jérusalem entraîne une force de 35 Palestiniens de Jérusalem-Est pour servir de gardes armés, en particulier pour les voyages consulaires dans la zone A de la Cisjordanie, dans laquelle les Israéliens ne peuvent pas entrer, a-t-on appris mercredi.

Le quotidien en hébreu Yedioth Ahronoth écrit que la mesure viole un accord de 2011 entre Israël et le consulat, selon lequel, seuls les anciens combattants de l’armée israélienne seraient autorisés à porter des armes en tant que gardes du consulat.

« Le consulat a été autorisé à conserver environ 100 armes de poing pour le personnel de sécurité, à condition qu’ils ne soient utilisés par des diplomates américains ou d’anciens combattants de l’armée israélienne, » révèle Itamar Eichner dans les colonnes du journal.

De plus, les gardes israéliens au consulat affirment que les Palestiniens ont été formés aux armes à feu à Jéricho dans une base de la sécurité préventive palestinienne et aux États-Unis.

L’officier régional pour la sécurité Dan Cronin, pretendent les gardes israéliens, « est en train de mettre en place une milice palestinienne armée dans le consulat. Ils sont formés aux armes, au Krav maga, et à la conduite tactique. C’est irresponsable. Qui peut garantir que ces armes dans les mains des Palestiniens ne propageront pas la terreur ? »

Le consulat américain a refuté la demande du Times of Israel de parler avec Cronin et aussi de répondre directement aux affirmations contenues dans l’article.

« Le consulat général américain à Jérusalem a pleine confiance dans le professionnalisme de son personnel », a déclaré un responsable américain.

« Nous ne discutons pas de la sécurité de nos missions diplomatiques, mais notons qu’il y a beaucoup d’inexactitudes dans l’histoire. »

« En outre, » a-t-il dit, « nous travaillons pleinement et régulièrement en coordination avec les autorités locales. »

Il n’a pas détaillé quelles seraient les inexactitudes présumées.

Les gardes de sécurité israéliens, dont trois auraient démissionné en signe de protestation, ont affirmé que le consulat détient également sur place des mitrailleuses et des fusils sur place, ce qui constituerait une autre violation de l’accord, et qu’un important membre du personnel avait purgé une peine dans une prison israélienne pour appartenance au Fatah.

Les Etats-Unis et de nombreux pays européens, qui n’ont pas officiellement d’ambassade en Cisjordanie, ont leur ambassade à Tel Aviv, qui s’occupe des affaires israéliennes, et un bureau consulaire à Jérusalem, à cheval entre l’Est et l’Ouest de la ville qui traite les affaires palestiennes.

Cela implique de fréquents visites en Cisjordanie, dans certaines parties de laquelle, par la loi, les citoyens israéliens ne peuvent pas entrer. Les convois du personnel des États-Unis, par conséquent, nécessitent souvent la présence de gardes armés américains.

Le consulat américain, qui se situe à la lisière du quartier juif de Arnona à Jérusalem-Ouest, se voit, rapporte le journal, « comme l’ambassade des États-Unis d’Amérique en Palestine. »