Le Croissant rouge palestinien nie avoir amené des émeutiers masqués pour se confronter à Tsahal
Rechercher

Le Croissant rouge palestinien nie avoir amené des émeutiers masqués pour se confronter à Tsahal

Le PRCS est en désaccord avec l’interprétation d’une vidéo par Tsahal, affirmant qu’une des personnes quittant l’ambulance recevait en fait des soins

Le Croissant rouge palestinien (PRCS) réfute les affirmations de Tsahal de lundi, selon lesquelles le PRCS aurait transporté des émeutiers masqués pour une confrontation avec l’armée israélienne durant une manifestation en Cisjordanie.

Dans un communiqué, le PRCS conteste le récit de Tsahal, appuyé par une vidéo, affirmant qu’une des jeunes filles que l’on a vu sortir d’une ambulance recevait en fait des soins médicaux.

Pour appuyer son affirmation, le PRCS a publié des photos de manifestants masqués qui semblent être les mêmes que dans la vidéo de Tsahal, l’un d’entre eux étant hissé dans l’ambulance.

Il n’a pas précisé ce que faisaient les deux autres personnes masquées, dont une jeune fille précise-t-il, dans l’ambulance.

Le PRCS, membre du la Mouvement international de la Croix-Rouge et du Mouvement du Croissant Rouge, a nié avoir violé le principe de neutralité de l’organisation.

« Le PRCS affirme qu’il se conforme et se conformera toujours aux principes fondamentaux en général, et aux principes de neutralité et d’impartialité en particulier. Le PRCS affirme qu’il n’a rien fait d’autre qu’exercer sa mission humanitaire et fournir un traitement à ceux qui en ont besoin » déclare-t-il.

Communiqué du Croissant Rouge palestinien (Crédit : Facebook / https://www.facebook.com/PalestineRCS/posts/1526981987421629)

Dans la vidéo, filmée à un carrefour important près de l’entrée de l’implantation de Beit El, on voit une ambulance du Croissant Rouge stationnée sur le bord de la route. Un infirmier du Croissant Rouge ouvre la porte arrière et trois manifestants masqués en sortent, munis d’un drapeau palestinien et d’autres drapeaux.

Les trois manifestants se dirigent alors vers la foule au carrefour où elle s’affrontait avec les forces de Tsahal. L’ambulance a alors quitté les lieux pour rejoindre d’autres ambulances stationnées près du gros de la foule, apparemment pour recueillir d’éventuels manifestants blessés.

Tsahal affirme que la vidéo a été prise lundi, le 5e jour consécutif de manifestations contre la déclaration du président Donald Trump reconnaissant Jérusalem capitale d’Israël.

La courte vidéo ne montre pas d’où venait l’ambulance avant de déposer les manifestants.

Samedi, Tsahal avait accusé des émeutiers palestiniens d’utiliser une ambulance comme bouclier pour se protéger pendant qu’ils attaquaient des soldats.

Selon l’armée, les manifestants palestiniens se sont cachés derrière l’ambulance, pensant que cela empêcherait les soldats de riposter.

Les photos publiées par l’armée montrent des Palestiniens qui, au moins à deux reprises, se cachent derrière une ambulance pour lancer des pierres. Le Times of Israël n’a pas pu vérifier où et quand les photos ont été prises.

Un Palestinien lance des pierres, se servant apparemment d’une ambulance comme bouclier, pendant une manifestation violente à Ramallah, le 9 décembre 2017 (Crédit : Tsahal)

Suivant la reconnaissance par Trump, la semaine dernière, de Jérusalem comme capitale d’Israël, il y a eu des manifestations quotidiennes par les Palestiniens. Ces derniers veulent Jérusalem-Est comme capitale de leur futur État, tandis qu’Israël revendique la ville unifiée comme sa capitale indivisible.

Dans un discours prononcé mercredi dernier à la Maison Blanche, Trump a bravé les avertissements mondiaux et a soutenu qu’après des échecs répétés pour parvenir à la paix, une « nouvelle approche » se faisait attendre depuis longtemps, indiquant sa décision de reconnaître Jérusalem comme le siège du gouvernement israélien comme simplement basée sur la réalité.

Ce geste a été salué par le Premier ministre Benjamin Netanyahu ainsi que par des dirigeants d’une grade partie du spectre politique israélien. Trump a insisté sur le fait qu’il ne définissait pas les frontières de la souveraineté israélienne dans la ville, et n’a demandé aucun changement dans le statu quo des sites saints de la ville. Le statut final de Jérusalem est un sujet-clé des négociations de paix entre Israël et les Palestiniens.

En 2015, Netanyahu a demandé une explication de la part du Comité International de la Croix-Rouge (CICR) suite aux accusations selon lesquelles une ambulance palestinienne avait ignoré des blessés israéliens laissés pour morts. L’événement s’est produit quand des terroristes ont ouvert le feu sur une famille qui conduisait en Cisjordanie, tuant deux d’entre eux et en blessant cinq autres.

Le Premier ministre avait dit qu’Israël était disposé à prendre des sanctions contre le Croissant Rouge, membre de l’organisation mère d’aide humanitaire basée à Genève, le CICR, pour avoir renoncé à son mandat d’assister toutes les victimes d’un conflit armé, avait rapporté le site d’information Ynet à l’époque.

Le CICR avait répondu que des infirmiers étaient sortis de leur véhicule pour aider les blessés, mais qu’alors une ambulance de Tsahal était arrivée, des soldats en sortant armés de fusils. Le communiqué poursuit en affirmant que les infirmiers avaient alors quitté les lieux.

Stuart Winer a contribué à cet article.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...